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JUIN 1979
Le 13 JUIN 1979 : Le F.L.N.C tient une conférence de presse à PARIS.
Le 14 JUIN 1979 : Premier jour du procès des 21 militants du F.L.N.C. (MATHIEU FILIDORI)(Fin
le 12 juillet 1979)
Dans la nuit du 15 JUIN 1979 au 16 JUIN 1979 : le F.L.N.C commet quinze attentats
Le 20 JUIN 1979 : Au sixième jour du procès, devant la Cour de Sûreté de
l'Etat, des 21 militants soupçonnés d'être membres DU FRONTE DI LIBERAZIONE NAZIUNALE
DI A CORSICA. MATHIEU FILIDORI , au nom du groupe, lut une longue déclaration. Au terme
d'une intervention de 90 minutes le militant du FLNC lança un appel au peuple de France
pour qu'il oblige son gouvernement à négocier avec le peuple corse, en reconnaissant le
droit imprescriptible de la Nation corse à l'indépendance. Il est encore temps d'éviter
le pire, mais il est plus que temps. . . Quelques minutes auparavant, MATHIEU FILIDORI
avait expliqué le sens de la lutte menée par le FLNC depuis sa création le 5 mai 1976
et pourquoi le Front avait jusqu'alors évité de faire des victimes. Le 5 mai I976, le
FRONTE, dans un manifeste en cinq points a défini les objectifs de la lutte . La
reconnaissance des droits nationaux corses , la destruction des instruments du
colonialisme français, armée, administration, colons, l'instauration d'un pouvoir
national corse populaire et démocratique ; la réalisation de la réforme agraire ,
l'indépendance. Le 5 mai I976, le FRONTE annonçait la volonté inébranlable du peuple
corse de reconquérir sa liberté nationale. Tout le Peuple Corse se retrouve au front,
qui n'est que la concrétisation de la conscience nationale dans les actes. Le Front
héritier et véhicule de la Résistance biséculaire à l'occupant français brisera le
carcan colonial. Ce carcan colonial français qui a fait d'un peuple libre et souverain un
peuple hors du temps, hors de l'histoire, un peuple d'assistés éparpillé, dominé, sans
langue, sans culture et sans avenir. Avec le Front, l'homme corse redevient sujet de son
histoire. Il renoue avec son temps à lui, il se réapproprie sa langue et sa culture
méditerranéenne, il retrouve sa dignité et sa fierté d'homme libre. Le peuple corse
sait que le Front qui lutte pour la fin de l'oppression coloniale est aussi porteur de la
fin de l'oppression sociale. Car les fils de la Nation corse qui acceptent tous les
sacrifices pour libérer l'homme corse de la tyrannie française, ne sont pas près
d'accorder des privilèges à une classe pour perpétuer l'exploitation sous une autre
forme. Il n'y aura pas de nouveaux " Sgiò ", c'est-à-dire, il n'y aura pas de
nouvelle bourgeoisie parasitaire et encore moins de bourgeoisie néocolonialiste sur notre
terre libérée.
Pendant trois ans le Front a mené une lutte pré-insurrectionnelle et de propagande
armée en évitant volontairement de faire des victimes. La France, toujours fidèle à
elle-même et incapable de tirer des leçons de ses échecs en Afrique et en Extrême
Orient, a répondu par un mini-plan de Constantine, en graissant généreusement la patte
aux notables, par une répression impitoyable, la plus massive depuis la conquête. (..)
Nous vous rappelons, encore une fois, que vous ne réglerez rien par la répression, rien
par l'emprisonnement des patriotes corses. Pour un militant arrêté il y en a des
dizaines prêts à prendre sa place. En Corse, chaque femme et chaque homme porte en lui
l'héritage des siècles de rébellion et de résistance, chaque femme et chaque homme est
prêt à aider ou à rejoindre le maquis. Les maquisards bénéficient de la solidarité
agissante de l'immense majorité de notre Peuple. Notre résistance est invincible, pour
l'abattre il vous faudrait massacrer tous les Corses. Nous proclamons que rien ne nous
arrêtera, nous le Peuple corse en marche vers sa souveraineté nationale !
Evviva a NAZIONE Corsa in lotta ! Evviva
l'Independenza Nostra"

Mateu Filidori 1998
«Facciu sta dichjarazione in nome di
tutti, i mio fratelli di lotta, in nome di tutti i militanti di U Fronte di
Liberazione Naziunale di a Corsica, in nome di a Nazione Corsa occupata
dapoi dui seculi da l'armata francese.» « "Ne reconnais jamais les
Français pour maîtres ! " « Celui qui parlait ainsi était un
nationaliste Corse qui devait plus tard trahir son pays. Il s'agit de
Napuleone Bonaparte... qui s'exprimait de la sorte dans un de ses manuscrits
resté inédit. « Si nous en appelons à son témoignage, c'est pour bien
situer la date de l'agression française en Corse, et c'est pour montrer que
la réalité de l'Etat national corse est très proche de nous dans le temps.
« L 'Histoire, falsifiée par l'occupant français, a été réécrite de façon à
occulter la conquête française; jusqu'à en faire une véritable délivrance.
Les Corses, passant de la tyrannie génoise au bonheur dans la citoyenneté
française... Ce qui avait été leur désir profond depuis des temps
immémoriaux, disent les historiens à la solde du pou voir colonialiste.
« La réalité historique est tout autre:
- la Corse est une Nation;
- la Corse est un pays occupé depuis
plus de deux siècles par les troupes françaises;
- le peuple Corse, après une histoire multi-séculaire faite de résistance à
tous les envahisseurs, depuis les mystérieuses statues de Filitosa, en
passant par la conquête romaine puis par les longs siècles de lutte contre
la République de Gênes, a forgé son unité et s'est constitué en Nation dès
le XIVeme siècle
- son but a toujours été, dès cette époque: l'Indépendance Nationale.
« Cette aspiration profonde a été atteinte au XVIIIeme siècle par
l'établissement d'un Etat indépendant. Notre République a servi de modèle
aux révolutionnaires européens et même américains, dont les peuples étaient
encore en esclavage sous les gouvernements de droit divin. « Aucun lien de
vassal à suzerain n'a existé chez nous envers les seigneurs français ou les
rois de France! « Nous n'avons pas participé à l'élaboration de la Nation
française! Nous sommes un pays occupé. [...] « Nous proclamons à la face du
Monde, et devant vous les Magistrats de l'Etat français, que nous ne sommes
français :
- ni par la géographie;
- ni par la langue ;
- ni par la culture;
- ni par les mœurs;
- ni par la communauté spirituelle;
- ni par les intérêts communs, tant économiques que stratégiques.
« Et surtout pas par l'Histoire...» «
Nous sommes une Nation dans le plein sens du terme, et non pas dans le sens
d'une vague survivance moyenâgeuse, comme peuvent le revendiquer certaines
de vos provinces particulières. « Nous ne sommes pas une minorité
nationale anachronique dans un Etat unifié, mais un pays occupé dont
l'organisation étatique souveraine a été détruite par vos armées. »
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