Le portail politique de la Lutte de Libération Nationale

La Lutte de Libération Nationale, c'est l'occupation constante de tous les terrains qui concernent la Lutte Institutionnelle, la lutte de masse et la lutte armée.
 
 

Accueil

Lexique
1957
1964
1965
1966
1967
1968
1969
1970
1971
1972
1973
1974
1975
1976
1977
1978
1979
1980
1981
1982
1983
1984
1985
1986
1987
1988
1989
1990
1991
1992
1993
1994
1995
1996
1997
1998
1999
2000
2001
2002
2003
2004
2005
2006
 
Retour Unità Naziunale

 

 

1998

 

JANVIER 1998

Le 4 janvier 1998 : Un tueur cagoulé a abattu de deux décharges de chevrotines un homme qui sortait d'un bar près de Corte. La victime, un fonctionnaire de l'Equipement, âgé de 43 ans, a été tué.

Le 6 janvier 1998 : Sur 455 attentats commis en Corse l'an dernier, contre 574 en 1996, 158 ont été revendiquée par l'une des branches de la mouvance du FLNC. Une minorité, donc. Les autres ? « Ils sont imputables à des conflits d'intérêts particuliers », a affirmé le procureur général de la cour d'appel de Bastia.

Dans la nuit du 8 au 9 janvier 1998 : Deux attentats ont eu lieu en Corse : cinquante kilos de nitrate-fuel, à 01h10, dans la concession automobile Peugeot d'Ajaccio, appartenant au président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) de Corse-du-Sud, Gilbert Casanova. Cet attentat n'a pas fait de victimes, a provoqué la mise en chômage technique de 45 personnes. C'est la sixième fois depuis 1990 qu'un  garage appartenant à Gilbert Casanova est la cible de terroristes.

Dans la nuit du 8 au 9 Janvier 1998 :  A 23h30, à Bastia, un attentat a visé une agence de l'ANPE.

Le 21 Janvier 1998 : Libération reçoit un nouveau texte du même groupe SAMPIERU, frappé d'un sigle légèrement différent. Le dessin est plus travaillé et tourné vers la droite, mais la typographie est la même. Cette fois, le groupe Sampieru annonce sa dissolution et dénonce ses propres chefs. «Leur mégalomanie dangereuse nous conduit à refuser aujourd'hui (...) un jeu pervers qui consiste à raviver les querelles qui engendreront à nouveau le cycle infernal de l'affrontement entre Corses.» La dénonciation est même accompagnée d'une accusation très directe, au paragraphe suivant. «Nous condamnons (...) toutes actions qui pourraient à nouveau être menées contre (...) certains fonctionnaires représentants éminents de l'Etat colonial.» En clair, l'homme désigné comme le chef de Sampieru dans le premier communiqué est dénoncé comme un individu dangereux prêt à s'en prendre à un représentant de l'Etat dans le second.

Le 25 janvier 1998 : Le FLNC-Canal historique a annoncé la rupture de la trêve des opérations armées qu'il observait depuis la victoire des socialistes, en juin. « Nous sommes prêts à occuper militairement le terrain politique », ont dit des hommes cagoulés et armés, lors d'une « conférence de presse » organisée, dans la soirée, dans le maquis, près de Ponte-Leccia (Haute-Corse). « La gauche au pouvoir depuis huit mois n'a donné à ce jour aucun signe tangible d'une réelle volonté de se détourner des graves errements de ses prédécesseurs », ont-ils expliqué.

 
 

FEVRIER 1998

02 février 1998 : Arrestation d'un homme

Le 6 février 1998 : le préfet Claude Erignac est assassiné. Il est presque 21 heures, vendredi soir, lorsque Claude Erignac dépose sa femme devant le Kallisté, un cinéma-théâtre tout près de la gare d'Ajaccio, qui donne la Symphonie héroïque, jouée par l'orchestre d'Avignon. Claude Erignac fait le tour du pâté de maisons et gare sa voiture sur un trottoir, cours Napoléon, comme tout le monde. Claude Erignac, 60 ans, est mort de trois balles dans la nuque, tirées par derrière. La police est là tout de suite, retrouve aussitôt l'arme du crime, un Beretta 9mm, un chargeur un peu plus loin et trois ou quatre balles éjectées mais non percutées. Un jeune homme assure avoir tout vu. (Claude Erignac, qui se rendait à un concert, est tué à 21h05 de trois balles par un tueur "blond" agissant à visage découvert)
 

Le 6 février 1998 : Arrestation des trois marocains fortement soupçonnés du meurtre d'Erignac... Moins d'une heure après la mort de Claude Erignac, ces trois jeunes gens, formellement identifiés, au moins pour l'un d'entre eux, par un témoin direct des faits ont été interpellé. Il est un peu plus de 21 heures. (Il s'agira d'une erreur, la première dans les arrestations : Piste Marocaine)

Le 7 février 1998 : Jacques Chirac a exprimé, dans la matinée, du perron de l'Elysée, sa « détermination à ce que tout soit mis en œuvre pour que l'autorité de l'Etat soit respectée » en Corse. Les coupables de l'assassinat du préfet Erignac « seront châtiés », y compris ceux qui auraient « inspiré » ou « commandité » cet acte, a renchéri Lionel Jospin,  plus tard à Ajaccio. L'un des trois suspects interpellés la veille a été relâché dans la soirée.

Le Dimanche 8 Février 1998 : Jean-Pierre Chevènement a évoqué, dimanche 8 février, l'hypothèse d'un "arrière-plan pseudo-mafieux" dans l'assassinat du préfet Claude Erignac.

Le Lundi 9 Février 1998 : Lundi matin, deux personnes étaient toujours en garde à vue, à Ajaccio. Mais, de source proche de l'enquête, on indiquait que cette hypothèse était refermée. Les charges qui pesaient sur Abdel et Mustapha, deux jeunes d'origine marocaine issus du quartier de Mezzavia, se sont amenuisées tout au long du week-end.

Le  Lundi 9 février 1998 : Arrestation de 13 personnes environ, Marcel Lorenzoni est interpellé par la DNAT pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste (Marcel Lorenzoni et  Maestracci Fabienne). Les enquêteurs n'ont pas pu trouver sur les lieux de perquisition tous les individus recherchés. 

Selon les informations de l'époque cette arrestation étaient relatées ainsi : "Lundi 9 février au matin, une dizaine de personnes ont été interpellées par les policiers chargés de l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac. Les enquêteurs visent les membres d'un petit groupe nationaliste connu sous le nom de Sampieru. Ils n'excluent pas que ce groupe puisse avoir agi pour le compte de personnes liées à la mafia."

 

Le Lundi 9 Février 1998 : L'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac a, en outre, été revendiqué lundi matin à Ajaccio dans un communiqué non signé mais authentifié, parvenu à la presse locale. Il l'est par la mention des références de fabrication du pistolet Beretta 9 mm. (l'assassinat est revendiqué par un groupe anonyme, qui mentionne en guise d'authentification l'utilisation d'une arme volée le 6 septembre 1997 à la gendarmerie de Pietrosella (Corse-du-Sud))

REVENDICATION :

Le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes est la source des droits de l'homme. Le Peuple Corse, naturellement, a le droit de vivre libre sur sa terre. Ce droit reconnu par la Charte des Nations Unies nous est nié depuis des siècles par les grandes puissances politiques qui ont fait débarquer en Corse leurs armées de conquête et d'occupation. Des Romains aux Génois puis aux Français, la Corse a été maintenue sous un contrôle militaire tyrannique, malgré les innombrables soulèvements de résistance patriotique. La dure réalité de cette oppression a toujours été incarnée par un gouverneur, à présent appelé préfet, dont la seule mission est le maintien de l'ordre colonial. Sur le fond politique rien ne distingue un gouverneur type Marbeuf d'un préfet modèle Erignac. Seules les apparences ont changé : aujourd'hui le représentant en Corse de l'Etat français affirme sans vergogne être le garant de la "paix civile", "du développement économique" et de "la sauvegarde de l'identité corse". Le langage a un peu évolué sur la forme depuis le temps des colonies africaines, mais l'esprit colonial est le même : au nom de "l'ordre républicain" (qui n'est autre en Corse que l'ordre colonial, la Corse indépendante et démocratique de Pasquale Paoli n'ayant disparu que sous les coups des armées françaises venues imposer l'Ancien Régime !). Le préfet a pour rôle premier de maintenir l'état de dépendance économique de la Corse au profit de la France, de mener à son terme l'entreprise d'uniformisation par la francisation culturelle, une des armes les plus redoutablement efficaces étant la poursuite de la colonisation de peuplement par l'implantation massive de fonctionnaires français.
Seule la résistance nationale du Peuple corse a permis de faire reculer ces funestes projets coloniaux; elle a à son actif le départ de la Légion de la plupart de nos villes, la réouverture de l'université à Corti, le coup d'arrêt porté à la folie destructrice de notre patrimoine naturel par la bétonisation touristique du littoral, la réduction massive des opérations de colonisation agricole menées par des exploitants importés à la seule motivation spéculatrice, et surtout le changement profond de mentalité qui fait que l'exil n'est plus perçu comme une fatalité inéluctable. Ces avancées ne sont pas le fruit d'intrigues de couloir ou de pseudo-promesses de gouvernants français subitement "éclairés"; elles découlent de la seule lutte, celle du cœur et des tripes.

"Un révolutionnaire, ou il gagne ou il meurt"; "On ne transige pas avec le colonialisme, on l'abat". Tels étaient les principes publiquement exprimés au moment des événements d'Aleria par un leader qui a puisé son charisme d'une lutte populaire porteuse d'espoir, d'idéal et de générosité.
Non, la lutte d'émancipation nationale n'est pas un échec comme voudraient le faire croire certains relais du pouvoir colonial. Le bilan de ces deux dernières décennies est sans l'ombre d'un doute positif. Une nouvelle génération, qui a mûri dans la dynamique des années 1970, assume aujourd'hui une large part des responsabilités politiques, économiques et culturelles sur des bases corsistes. Ce qui semblait pure utopie il y a 20 ans, violemment combattu par le vieux clan, fait à présent l'objet d'un large consensus : la maîtrise des transports, la nécessité d'un code des investissements, la promotion de la langue, l'économie identitaire, voire un statut fiscal.
Mais en raison du reniement ou de la trahison de nombreux leaders des mouvements nationalistes, de l'action souterraine des services spéciaux et de la franc-maçonnerie (fréquentée assidûment par tous ceux qui se targuent sans vergogne de "démocratie" et de "transparence" alors qu'ils n'agissent que dans l'ombre et l'opacité), la revendication nationale corse a été dénaturée, dévitalisée et même discréditée par tous ceux qui, manipulés, les uns comme les autres, par les officines de l'Etat français, portent la responsabilité historique d'avoir assassiné d'autres nationalistes et de s'être fait ainsi des agents actifs de la politique coloniale.
De ce fait, la question fondamentale a été jusqu'ici soigneusement et volontairement occultée : la souveraineté du peuple corse et la reconnaissance de son droit à l'indépendance.

La seule raison d'être de l'action d'un patriote corse est de reconstruire une Corse souveraine, indépendante et libre dans ses choix politiques, économiques et culturels. Une Corse fraternelle et démocratique, ouverte sur le monde et riche de ses différences.
Dans ces conditions, l'action que nous revendiquons aujourd'hui est parfaitement réfléchie et hautement politique. Elle n'est pas le fruit d'une quelconque dérive ou l'action isolée de "soldats perdus" de la lutte nationaliste, encore moins une oeuvre barbouzarde, comme certains ne manqueront pas de l'affirmer pour masquer leurs contradictions profondes.
Elle est l'acte politique qui pose au niveau international l'avenir de la Corse en termes clairs : la Corse veut entrer dans le troisième millénaire en situation de souveraineté. Aucun mouvement politique ne peut prétendre à lui tout seul incarner le peuple : par un respect scrupuleux des principes éthiques et de la morale publique, le Peuple corse, dans une démarche pluraliste et démocratique, peut et doit exprimer ses choix fondamentaux. Par des relations étroites reposant sur le respect des intérêts réciproques, avec tous ceux qui respectent le droit des peuples à l'existence.
Mais les règles doivent être claires et transparentes. Le préfet Erignac a porté à un haut niveau l'action coloniale implacable mais "à visage humain", perfide et insidieuse, s'impliquant personnellement sur des terrains multiples. Dans le domaine agricole, par des personnels à sa solde, il a joué un rôle sournois, bénéficiant de complicités actives. En matière d'environnement, il n'a pas hésité à contredire certains organismes officiels, au détriment de la défense des terres agricoles ou du patrimoine forestier. Quant aux P.O.S, l'accord préfectoral est en soi une signature-déclaration de guerre au peuple corse : dans l'extrême sud, où sous prétexte de parc naturel, toutes les opérations visent à l'ouverture de secteurs du littoral jusqu'ici protégés à l'urbanisation sauvage et au tourisme de masse synonyme de bétonisation.
Le préfet a enfin joué un rôle délibérément militant dans la répression qui frappe des patriotes corses sincères dans leur idéal.

Au peuple corse d'ouvrir les yeux et de considérer les véritables enjeux : les élections ne sont qu'une péripétie anodine dont le seul avantage est de démasquer les ambitions des arrivistes politiciens de tous bords assoiffés des apparences du pouvoir. Ils n'aspirent qu'à redistribuer les subventions publiques pour de seuls objectifs claniques. Le soutien apporté de fait par le R.P.R à des mafieux, les manoeuvres en tous genres de la gauche jospiniste pour maintenir le statu quo, et le spectacle affligeant de mouvements se réclamant pour quelque temps encore du nationalisme (dont les responsables jouent les matamores publics ou pseudo-clandestins pour tenter d'assouvir de simples ambitions personnelles alors qu'ils ont vendu leur âme en acceptant dissolution et "processus de paix" sous la dictée des dirigeants français) manifestent la réalité des dévoiements de la classe politique en Corse, mais surtout le degré alarmant atteint par la normalisation et la francisation.

Les élections ne sont pas en soi un gage de démocratie et encore moins en Corse où la France appuie son impérialisme sur un clanisme imposant des pratiques électorales dignes des Républiques bananières : listes épurées puis regonflées comme des baudruches sans aucun rapport avec l'évolution démographique, alliances contre-nature qui en disent long sur l'intérêt porté à de prétendus "programmes politiques", chantage à l'emploi ou au logement au prix de quelques voix arrachées sur fond de misère sociale et de précarité. Voilà le vrai visage de ces professionnels de la candidature, viscéralement attirés par la soupe électorale. Ces élus, repus de subventions et des aides de l'Etat, sont les fossoyeurs de notre pays. Le Peuple corse, dans toutes ses composantes vives, est désormais devant des choix historiques.
La France, atteinte par une profonde crise d'identité, plus grave encore que celle qui touche son économie, voudrait nous entraîner dans son déclin et ses dérives. La Corse rejette la dépendance de cet Etat colonial qui n'a jamais hésité, contre les peuples en lutte, à jouer de la répression sanglante; les massacres de Sétif et d'Ouvéa s'inscrivent dans la logique de la déportation et de l'extermination de centaines de patriotes corses au bagne de Toulon.
La Corse n'a jamais voulu d'un "ordre républicain" géré par des énarques moulés dans le conservatisme et qui engendre naturellement des monstres froids comme Bousquet ou Papon.
La Corse refuse de se soumettre à l'Europe répressive qui s'est structurée sur le dos de peuples entiers encore aujourd'hui niés dans leur existence même, à l'Europe prétendument communautaire conçue et gérée pour les seuls intérets de groupes multinationaux.
Le Peuple corse doit pouvoir s'exprimer en tant que tel pour apporter sa pierre à la construction d'une Europe des peuples, sociale et ouverte sur le monde. Mais la Corse ne peut être elle-même sans la reconnaissance de sa dimension méditerranéenne.

A chacun d'agir selon ses compétences, sur tous les terrains potentiels, par des actions spontanées et populaires. Chaque patriote a le devoir de rendre à la Corse ce qu'elle lui a donné. Plus que jamais, à chacun d'assumer ses responsabilités pleines et entières, dans le respect rigoureux d'une approche pluraliste de la lutte, plus indispensable que jamais, et qui ne saurait être réduite à un sigle quel qu'il soit. N'en déplaise à des observateurs peu avertis qui nous affublent de sigles fantaisistes. Nous ne sommes pas un ènième mouvement, renaissant, dissident ou en gestation. Nous sommes les fils de cette terre, jaloux de ses valeurs ancestrales, comme à l'époque de Sambucucciu ou de Sampieru, profondément attachés aux principes humanistes, ceux mis en pratique sous la Corse indépendante de Pasquale Paoli.
Plus que jamais l'heure est à la lutte. Dans le droit fil des luttes populaires pour la liberté contre toutes les oppressions, nous réaffirmons solennellement notre volonté inébranlable de construire une Nation corse libre, démocratique et souveraine.
L'arme utilisée pour l'action contre le préfet Erignac provient de la gendarmerie de Petrosella (MAS sous licence Beretta A 00199).

 

Le 10 février 1998 : Arrestation de 3 ou 5 personnes environ dont une perquisition chez les Lorenzoni.  Trois autres personnes ont été interpellées, tôt dans la matinée, par les policiers du Raid. L'une à Bastia, les deux autres à Porticcio. Leur arrestation porte à quatorze le nombre de personnes gardées à vue depuis le premier coup de filet la veille. Aucune ne serait directement impliquée dans l'attentat. Deux militants nationalistes interpellés la veille ont, néanmoins, été transférés à Paris par avion militaire. Le plus connu est Marcel Lorenzoni, ancien bras droit de François Santoni. Lorenzoni est toujours suspecté de liens avec le mouvement « Sampieru », celui qui avait revendiqué la prise d'otages pendant laquelle fut volé le pistolet qui a tué le préfet. Des pains de plastic et des armes à feu ont été saisis à son domicile. Parallèlement, les enquêteurs poursuivent leurs investigations autour des « dossiers sensibles » traités par Claude Erignac.

Le 10 février 1998 : Transfert à Paris de deux Nationalistes

Le 11 février : 40 000 Corses manifestent à Ajaccio et Bastia à l'initiative du " manifeste des femmes pour la vie "

Le 12 Février 1998 : Un troisième militant nationaliste, Paul Poggi, a été transféré à Paris. Il a rejoint Marcel Lorenzoni et Paul-Dominique Bozzi dans les locaux de la Direction centrale de la police judiciaire. En revanche, les huit personnes gardées à vue à Ajaccio ont été remises en liberté. Par ailleurs, un autre Corse, Jean-François Antonietti, 29 ans, a été mis en examen et écroué à Ajaccio pour détention d'arme et association de malfaiteurs

Le13 février 1998 : Mise en Examen de Marcel Lorenzoni, Paul Dominique Bozzi et de Paul Poggi et déportation à Paris.

Le 13 février : le préfet Bonnet est installé au Palais Lantivy. Chevènement veut mettre un terme «aux appétits semi-mafieux ». C'est la mission de Bernard Bonnet, préfet de Corse, installé  par Jean-Pierre Chevènement, sept jours après l'assassinat de Claude Erignac. Le nouveau représentant de l'Etat examine les lourds dossiers de son prédécesseur. 

13 février : Le ministre de l'Intérieur a installé à Ajaccio le nouveau préfet de Corse, Bernard Bonnet, qui a affirmé sa « détermination ». Mais, déjà, Max Simeoni, l'un des leaders de l'Union du peuple corse, s'est dressé contre le « militant jacobin extrémiste » que serait, selon-lui, le nouveau préfet.

14 février : Le frère et des amis indépendantistes de Marcel Lorenzoni, l'un des trois militants nationalistes corses écroués la semaine dernière à Paris, ont condamné, à Ajaccio, l'assassinat du préfet Erignac et ont décidé de poursuivre ceux qui l'ont présenté, notamment dans la presse, comme l'un des suspects de cette action terroriste.

17 février : Quatre interpellations on eu lieu, dans la matinée, parmi les proches de Marcel Lorenzoni.

18 février : Les quatre personnes interpellées la veille ont été remises en liberté à Ajaccio.

19 février : Trois personnes ont été interpellées dans les milieux proches de Lorenzoni. Deux semaines après l'assassinat du préfet Erignac, l'enquête progresse difficilement.

 

MARS 1998

Le 3 Mars 1998 : Les douaniers de corse refusent de prendre part aux contrôles routiers demandés par le préfet Bonnet.

Le 3 Mars : L'Assemblée nationale, unanime, a décidé de créer une commission d'enquête parlementaire sur l'utilisation des fonds public en Corse. A sa tête, le socialiste Jean Glavany.

Le 4 Mars 1998 : Six personnes  travaillant au quotidien U Ribombu (dont le rédacteur en chef et deux journalistes), organe de l'organisation A Cuncolta, ont été interpellées dans la matinée à Bastia. Les six personnes travaillant à l'hebdomadaire U Ribombu ont été remises en liberté dans la soirée. Après l’interpellation de Jean Nicolai, directeur du journal U Ribombu, et directeur général du SC Bastia, les footballeurs et les dirigeants du club de D1 ont manifesté sur la pelouse de Furiani. Le Sporting Club de Bastia n'a rien à voir avec la politique. "C'est une entreprise sportive. L'interpellation de notre directeur général porte une grave atteinte au club. C'est intolérable".

Le 9 mars 1998 : Le Conseil de sécurité intérieure, réuni autour de Lionel Jospin, a décidé la création d'une « plate-forme interservices » en Corse pour lutter contre « la délinquance économique et financière » qui, selon Jean-Pierre Chevènement, ministre de l'Intérieur, a atteint « des proportions préoccupantes ».

Le 15 mars 1998 : Premier tour des élections régionales et cantonales.

Le 16 mars : Le Syndicat des travailleurs corses (STC), de tendance nationaliste, a bloqué l'aéroport d'Ajaccio et le dépôt pétrolier du Vazzio, non loin de la ville. cette action intervient dans le conflit qui oppose, depuis cinq semaines, les syndicats du secteur santé à leur ministère de tutelle au sujet du taux directeur de l'enveloppe régionale de santé, jugée trop faible.

Le 19 mars 1998 : Sept inspecteurs de l'Inspection générale des finances, venus de Paris, passent au crible, depuis la matinée, les comptes et documents du Crédit agricole de la Corse, au siège de la Caisse régionale, à Ajaccio. Ils agissent sur ordonnance du président du tribunal de grande instance d'Ajaccio. Le Crédit agricole corse figure sur une liste « d'investigations approfondies » proposée, le 15 octobre, par l'ancien préfet de police Gérard Bougrier.

22 mars : Deuxième tour des élections régionales : majorité absolue aux listes de droite. 21 élus RPR emmenés par Jean Baggioni (37 % des voix), 5 divers droite (10,8 %), 16 Gauche plurielle emmenés par Emile Zuccarelli (33,2 %), 4 divers gauche (9,1 %) et 5 Régionalistes (9,8 %). Participation de 70 %

Le 24 Mars 1998 : 4/6 des militants CGT et STC mis en Examen.

Le 26 Mars 1998 : Interpellation de deux frères et de la Compagne de Marcel Lorenzoni (Fabienne Maestracci)

Le 28 Mars 1998 : Maurice Lorenzoni a été mis en examen le 28 mars pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Maurice Lorenzoni a été mis en examen le 28 mars pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Selon son avocat, Me Lucien Felli, les policiers n'avaient pourtant découvert à son domicile qu'une coupure de presse présentant l'organigramme des mouvements nationalistes corse et le "manuel du militant nationaliste", un petit livre distribué sous le manteau en Corse depuis une quinzaine d'années. 

Le 30 mars 1998 : La Haute-Corse a basculé à gauche. Paul Giacobbi, membre du Parti radical de gauche a créé la surprise. Il a devancé d'une voix (14) le candidat RPR Jean Raffali que présentait la droite à la place du président sortant, Paul Natali (DVD) qui n'avait pas réussi à faire l'union des quinze conseillers de droite (1 UDF, 7 RPR, 7 DVD). Giacobbi a été élu au troisième tour, grâce à deux bulletins nuls, qui ont manqué à la droite.

Le 31 Mars 1998 : Interpellations à Purti vechju et AIACCIU de cinq militants Cuncolta (affaire attentat 96). Ces interpellations, qui n'auraient pas de lien direct avec l'assassinat du préfet Claude Erignac, suscitent une certaine agitation dans les milieux nationalistes. D'eux d'entre elles ont été transférées à Paris pour être entendus par les juges antiterroristes. L'un des deux est un réfugié politique basque, ancien responsable des finances de l'ETA.

Le 31 Mars 1998 : Interpellations de 6 personnes après la veghja suite interpellation de la journée.

En mars 1998  : les élections territoriales sont annulées

 

AVRIL 1998

Le 01 avril 1998 : Interpellation de Louis Pierantoni (Affaire Attentat de Bastia 07/96)

Le 03 avril 1998 : 5 personnes interpellées le 31/03/98 ont été transféré à Paris

Le 04 avril 1998 : 4 des 5 interpellées mis en examen, 3 des 5 interpellées ont été écroués et 1 mis en liberté. Quatre nationalistes du mouvement A Cuncolta Naziunalista, interpellés le 31 mars à Ajaccio, ont été mis en examen à Paris pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Trois d'entre eux ont été écroués. On leur reproche d'avoir entretenu des relations étroites avec les auteurs présumés d'une série d'attentats.

Le 4 avril 1998 : Le procureur de la République d'Ajaccio a ouvert une information judiciaire contre la Caisse du Crédit agricole de la Corse pour « escroqueries », « détournements de fonds publics », « faux et  usages de faux », « complicités en matière de faux et usages de faux » et « abus de biens sociaux ».

Le 9 avril 1998 : Le ministère de l'Intérieur prend très au sérieux des menaces de mort reçues, début avril, tant par la ministre de la Justice, Elisabeth Guigou, que par le nouveau préfet de Corse, Bernard Bonnet.

Le 9 Avril 1998 :  « Des prêts importants » accordés par le Crédit agricole de Corse n'ont jamais été remboursés, a confirmé le ministre des Finances, Dominique Strauss-Kahn.

Le 10 avril 1998 : Des inspecteurs généraux des Finances, encadrés de gendarmes, ont investi la Direction départementale de l'agriculture (DDA) de Haute-Corse, à Bastia.

Dans nuit du 12 au 13 avril 1998 : Un attentat à l'explosif a été commis vers 5h30 contre une Mercedes sur le parking d'une résidence non loin du centre-ville d'Ajaccio. Il n'y a pas eu de blessés.

Le 15 avril 1998 : Le gouvernement a nommé un nouveau préfet en Haute-Corse, Bernard Lemaire, et un nouveau patron pour le SRPJ d'Ajaccio, Frédéric Veaux. D'autres nominations vont intervenir dans la justice.

Le 21 avril 1998 : Interpellations de 10 militants proche d'A Cuncolta. Dix personnes proches du mouvement Cuncolta Naziunalista ont été interpellées à Bastia. Plusieurs d'entre elles appartiendraient à Bastia Securita, une entreprise de convoyage de fonds. Quatre ont été relâchées en début d'après-midi.

Le 22 avril 1998 : Remise en liberté de 4 des 10 du 21/04/98

Le 23 avril 1998 : Transfert de 2 personnes vers paris (des 10 du 21/04/98) et libération des derniers.

Le 23 avril 1998 : Arrestation de deux personnes dont 1 à Patrimonio. Deux personnes proches du MPA ont été interpellées vers Bastia sur commission rogatoire du juge Bruguière dans le cadre de l'enquête sur le meurtre du préfet Erignac.

24 avril 1998 : Remise en liberté d'un interpellé du 23/04/98, l'autre est toujours entendu.

Le 27 avril 1998 : M. Démétrius Dragacci, directeur du SRPJ d'Ajaccio quitte l'île, est remplacé par M. Veaux

 

MAI 1998

En Mai 1998 : A Cuncolta naziunalista change de nom et devient A Cuncolta indipendentista

Le 1er Mai 1998 : Un atelier d'armes et un véritable arsenal ont été découverts dans le cadre de l'opération « Kalach 67 » respectivement en Corse et en région parisienne. L'enquête de la gendarmerie partie de Strasbourg pourrait maintenant se tourner vers les fournisseurs étrangers. 

Le 4 Mai 1998 : Les enquêtes sur les malversations financières s'intensifient sur l'île. Une information judiciaire est ouverte sur la caisse régionale qui affiche un trou de 900 millions de francs. Une information judiciaire a été ouverte. Les policiers ont saisi, 2,5 tonnes de documents, portant sur 10 ans de mouvements quotidiens.

Le 4 Mais 1998 : Dans le même Transall qui transportait les documents saisis à la Caisse régionale du Crédit agricole de Corse, quatre militants nationalistes s'envolaient également vers Paris. Trois d'entre eux, Paul Istria, Jean-Luc Ottavi et Olivier Sauli, ont été écroués  dans la capitale après avoir été mis en examen pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" par le juge Gilbert Thiel.  Ces hommes, militants déclarés du mouvement A Cuncolta Naziunalista, avaient été transférés d'Ajaccio la veille au soir en compagnie de Jean-Michel Emmanuelli, directeur-général de l'hebdomadaire "Le Journal de La Corse". Ce dernier, également mis en examen, a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire. La justice les soupçonne d'avoir entretenu des relations étroites avec les auteurs présumés, déjà mis en examen et écroués, d'une série d'attentats perpétrés en septembre 1996 contre des bureaux de poste de la région d'Ajaccio, ou lors de "nuits bleues", en novembre 1996 et février 1997.

Le 4 Mai 1998 : Le procureur de la République d'Ajaccio a ouvert, une information judiciaire pour violation du secret de l'instruction à la suite de la diffusion par plusieurs médias d'un rapport de l'inspection générale des Finances sur des prêts accordés par le Crédit agricole de la Corse.

Le 08 Mai 1998 : Un attentat a endommagé dans la nuit de jeudi à vendredi à Afa (Corse-du-Sud), l'appartement d'un des responsables du projet de création d'un parc marin dans les Bouches de Bonifacio, un espace naturel remarquable. L'attentat, qui n'a pas fait de blessé, n'a pas été revendiqué. Il a été condamné dans la journée par plusieurs associations écologistes.

Le 8 mai 1998 :  Attentat contre le conseil régional de Provence-Alpes-Côte-d'Azur à Marseille. Une charge explosive de 2 à 3 kg avait explosé dans la soirée sans faire de blessé.

Dans la nuit du 8 Mai 1998 au 9 Mai 1998 : 3 personnes interpellés en flag. Quelques heures après l'attentat de Marseille, un commando de trois jeunes gens, encagoulés et gantés sur le point de commettre un attentat, a été interpellé, vers 03H00 à Ajaccio, à proximité d'une agence du Crédit Agricole. Deux d'entre eux sont connus des services de police. Les trois hommes, âgés de 18, 22 et 26 ans, étaient en possession de 150 grammes de dynamite, d'un détonateur pyrotechnique et de 21 cm de mèche lente. Ils ne se réclament, selon les enquêteurs, d'aucune organisation nationaliste. Ils ont été placés en garde à vue à Ajaccio ainsi que le chauffeur du véhicule qui les transportait, puis transférés vers Paris

Le 12 Mai 1998 : Dans un texte authentifié parvenu à l'AFP de Bastia, le mouvement clandestin FLNC CANAL HISTORIQUE  a revendiqué l'attentat qui a endommagé, vendredi soir, le Conseil régional de Provence-Alpes-Côte d'Azur à Marseille. « Nous reprenons aujourd'hui le fil de notre combat », prévient le FLNC Canal Historique qui explique avoir respecté une « période d'observation de trois mois » à la suite de l'assassinat du préfet, le 6 février à Ajaccio. L'organisation clandestine avait fermement condamné cet assassinat.

Le 12 Mai 1998 : Trois personnes, dont deux ont été relâchées, ont été interpellées à Ajaccio dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet Claude Erignac et de celle sur une tentative d'attentat vendredi soir dans l'île. Un militant nationaliste restait en garde à vue hier soir.

Le 15 Mai 1998 : Michel Valentini et son épouse interpellés. Le président de la chambre régionale d'agriculture de la Corse, Michel Valentini, et son épouse ont été interpellés par les gendarmes, ce matin à leur domicile à Bastia, dans le cadre de l'enquête sur des prêts abusifs accordés par le Crédit agricole. Le couple Valentini a été immédiatement transféré à Ajaccio et placé en garde à vue. Il a été entendu toute la journée par les gendarmes chargés de l'enquête. Les auditions se poursuivaient. Dans le cadre de ce dossier, une information contre X avait été ouverte en avril par le procureur de la République de Corse-du-Sud, Jacques Dallest, pour « escroqueries, détournements de fonds publics, faux et usages de faux, complicités en matière de faux et usages de faux et abus de bien sociaux ».  Dans un rapport de l'inspection générale des finances demandé en mars par le ministère de l'Économie et des Finances, Michel Valentini apparaît aux côtés d'une quarantaine d'autres personnalité de l'île parmi les bénéficiaires de prêts indûment attribués. Selon le rapport, le président de la chambre régionale d'agriculture, ancien élu DVD à l'assemblée de Corse, aurait disposé d'une quinzaine de prêts du Crédit Agricole portant sur 14,8 millions de francs de versements, dont 2,2 MF d'impayés et 7,4 MF de dettes.  En outre, M. Valentini a contracté au nom de son épouse un encours de 7 MF de dettes au Crédit Agricole. Mais selon le rapport, Mme Valentini n'est pas agricultrice. D'origine brésilienne, elle a été gérante d'un bar à Bastia jusqu'en 1995. Le rapport révèle encore qu'« un prêt ayant fait l'objet de mesures publiques d'aides au désendettement lui a servi à financer l'acquisition d'un véhicule 4X4 de marque Mercedes ».  Ce contrôle de la caisse régionale du Crédit Agricole par l'Inspection générale des finances et l'Inspection générale de l'agriculture avait été requis courant mars par le ministère de l'Économie et des Finances. Dans cette enquête, près de 2,5 tonnes de documents ont été saisis au Crédit Agricole à Ajaccio et sont actuellement épluchés par des militaires du Service des opérations de la Direction de la gendarmerie à Paris qui rendront le résultats de leurs travaux avant fin mai.  A la suite de la publication d'extraits du rapport de l'inspection générale, Michel Valentini, qui fut dans les années 80 secrétaire général de la Fédération départementale des syndicats d'exploitants agricoles (FDSEA) de Haute-Corse, avait, en milieu de semaine, vivement contesté les accusations portées contre lui.

Dans la nuit du 15 au 16 Mai 1998 : Attentat perpétré dans la nuit du 15 au 16 mai contre les locaux de la police municipale à Aix-en-Provence. Action dédiée aux 25 prisonniers politiques corses". Une charge de deux kg avait dévasté une partie des bureaux. 

Le 16 Mai 1998 :  Les gardes à vue du président de la chambre régionale d'agriculture de la Corse, Michel Valentini, et de son épouse, interpellés vendredi dans le cadre de l'enquête sur des prêts abusifs accordés par le Crédit agricole, ont été prolongées hier de vingt-quatre heures. Le couple Valentini devrait être présenté aujourd'hui au parquet d'Ajaccio.

Le 16 Mai 1998 : Une quarantaine de bungalows édifiés illégalement par l'Assemblée territoriale en bord de mer, à Poggio Mezzana, au sud de Bastia, ont été détruits. Et cela, en présence du préfet Bonnet.  La démolition de constructions touristiques illégales sur la commune de Poggio Mezzana, au sud de Bastia, a commencé ce matin en présence du préfet de Haute-Corse. « L'Etat a décidé de l'exécution forcée d'un arrêt de la Cour de cassation en date du 15 octobre 1997 qui devait être appliqué avant le 15 mai » sur une partie du complexe touristique Alba Serena, aménagé il y a une quinzaine d'années par le promoteur corse Paul Semidei. Quarante bungalows, un chapiteau et divers équipements, dont un restaurant et des cours de tennis, édifiés sans permis dans la bande littorale de 100 mètres seront réduits en gravats. Le terrain devra retrouver sa végétation initiale.

Le 17 Mai 1998 : Le président de la chambre régionale d'agriculture Michel Valentini, a été mise en examen à Ajaccio et écrouée dans le cadre de l'enquête menée par les gendarmes sur les prêts abusifs accordés dans l'île par le Crédit agricole. Son épouse a connu le même traitement.

Le 19 Mai 1998 : Le FLNC-Canal historique, a revendiqué à Bastia l'attentat qui a visé samedi les locaux de la police municipale à Aix-en-Provence dans un communiqué authentifié. Le mouvement clandestin, bras armé de l'organisation A Cuncolta Naziunalista, y revendique l'ouverture d'un dialogue avec l'Etat Français.

Le 19 Mai 1998 : Par ailleurs, cinq personnes, interpellées le matin, à Bastia, dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac ont été relâchées dans l'après-midi. Aucune charge n'a été retenue contre elles.

Le 21 Mai 1998 : Les activités de la Société d'aménagement foncier et d'établissement rural (SAFER) de Corse seront suspendues, à partir du 23 mai, par le ministère de l'Agriculture qui met en cause sa gestion. Deux conditions ont été posées à une reprise des activités de la SAFER: le départ de son directeur, Philippe de Casalta, et l'établissement d'un plan de redressement «crédible» afin de rétablir une situation financière préoccupante.

Le 25 Mai 1998 : Sept proches du nationaliste corse Marcel Lorenzoni, écroué à Paris après l'assassinat du préfet Claude Erignac le 6 février, ont entamé  une grève de la faim à l'église Saint-Roch d'Ajaccio, pour protester contre les conditions de son incarcération. Depuis le 30 avril Marcel Lorenzoni observe une « grève de la faim totale » en prison après avoir « déclaré solennellement n'avoir rien à voir avec le meurtre du préfet Erignac ».

Le 26 Mai 1998 : Le directeur de l'hôpital de Bonifacio, Jean-Marc Ciabrini a été placé en garde à vue après-midi dans les locaux de la gendarmerie de cette ville. Il avait été suspendu de ses fonctions mercredi dernier après la constatation de graves « irrégularités » et de « légèretés » dans sa gestion, relevées dans une lettre d'observations définitives de la chambre régionale des comptes.

Dans la nuit du 28 au 29 mai 1998 : Un attentat à l'explosif a visé l'institut universitaire de formation des maîtres, à Corte. La charge, de moyenne puissance, a explosé vers 2h15, provoquant des dégâts assez importants. L'attentat n'a pas été revendiqué.

Le 29 Mai 1998 :  Paul Grimaldi, le lieutenant de Jean-Louis Fargette - le caïd varois tué en Italie en 1993 - et son frère Robert Fargette, alias Bert, ont affirmé, hier qu'ils étaient totalement étrangers à l'assassinat de Yann Piat. L'allure fière, le regard noir, la barbe taillée avec soin, Paul Grimaldi, 47 ans, exploitant agricole en Corse, n'a rien à dire spontanément sur la mort de Yann Piat, le 25 février 1994.

 

JUIN 1998

1er Juin 1998  : le GPS est créé

Le 02 Juin 1998 : 7 personnes interpellés en haute Corse

Le 3 Juin 1998 : 6 personnes interpellées en plaine. Six nouvelles interpellations en Haute-Corse Six personnes qui occuperaient des postes à responsabilités dans les agences du Crédit agricole d'Aléria et de Ghisonaccia ont été interpellées en Haute-Corse et placées en garde à vue à Bastia.

Le 3 juin 1998 : Le gouvernement a pris un décret qui lui donne les moyens de renforcer les pouvoirs du préfet de Corse, « en cas de crise menaçant l'ordre public, nécessitant la mise en œuvre de moyens exceptionnels et affectant plusieurs départements ». Le préfet de Corse est ainsi assimilé aux préfets des zones de défense (créé en 1996).

le 04 juin 1998 : Interpellations de mardi : Six personnes toujours en garde à vue à Paris, Les six personnes transférées à Paris mardi étaient toujours en garde à vue, hier soir, dans les locaux de la 6è DCPJ. Aucune d'elles n'avait encore été ni relâchée, ni présentée à un juge d'instruction. Le responsable d'un syndicat agricole, un administrateur de la caisse locale du Crédit agricole de Ghisonaccia et un agriculteur (ainsi que leurs épouses) avaient été interpellées dans la plaine orientale, à leur domicile, par les policiers de la 6e DCP- et le GIPN. Ils avaient été transférés immédiatement, à Paris, Depuis la base militaire aérienne de Solenzara. Les policiers avaient agi sur commission rogatoire des juges anti-terroristes Bruguière, Thiel et Le Vert pour "association de malfaiteurs", après la mise en examen du militant nationaliste Marcel Lorenzoni, le 13 février. Bien qu'aucun "lien avéré" ne soit établi entre le dossier Lorenzoni et l'assassinat du préfet Erignac - qui fait l'objet d'une procédure distincte - les enquêteurs estiment que c'est dans la filière des nationalistes "historiques" évoluant dans le milieu agricole que pourrait se trouver la clé de l'affaire.

Le 04 Juin 1998 : Jean Michel Simon et Jean Marc Poggi (A.N.C) condamnés.

Le 06 Juin 1998 : Roger Simoni, François Simoni et Simon Fazi écroués à Paris. Trois des six personnes interpellées mardi dans les milieux agricoles de la plaine orientale corse ont été mises en examen et écrouées  à Paris pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Le 8 Juin 1998 : Le ministre de la Justice, Elisabeth Guigou, a présidé à Bastia l'audience solennelle d'installation du nouveau procureur général, Bernard Legras et nouvel avocat général Pierre-Yves Radiguet.

Le mardi 09 Juin 1998 : 6 proches de Corsica Viva Interpellé. Plusieurs personnes proches des milieux nationalistes ont été interpellées en Corse-du-Sud, dans le cadre d'une procédure incidente à l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac. Elles seraient proches du mouvement Corsica Viva, apparu en 1995 à la suite des scissions entre les courants nationalistes. Un premier coup de filet, mardi matin, a permis l'interpellation de six personnes dans la région d'Ajaccio et Figari (Corse-du-sud). Parmi elles, figuraient deux femmes, qui avaient été remises en liberté mercredi 10 Juin 1998 et jeudi 11 Juin 1998. 

Le Mardi 9 Juin 1998 : Interpellation, mardi matin près de Folelli, dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Pierre-Jean Tonelli, le 23 décembre dernier. Les militaires ont agi sur commission rogatoire du juge Rose-May Spazzola qui est en charge du dossier. 

Le 10 juin 1998 : Une dizaine de personnes, soupçonnées d'être de la mouvance nationaliste, ont été interpellées dans la matinée à Marseille et à Aix-en-Provence, dans le cadre de l'enquête sur le plasticage, le 8 mai, de l'hôtel de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur, à Marseille.

Le 10 juin 1998 : A Bastia, une vingtaine d'inspecteurs du ministère des Finances ont investi la Chambre d'agriculture de Haute-Corse, au titre du dossier sur les détournements de fonds publics liés au Crédit agricole de l'île.

Le Jeudi 11 Juin 1998 : Don Trajan Culioli interpellé. Un des ancien dirigeant du mouvement nationaliste corse, Corsica Viva, a été interpellé à Aléria et placé en garde à vue dans les locaux du SRPJ d'Ajaccio. Il est entendu dans le cadre d'un dossier sur un attentat revendiqué par le FLNC qui avait visé un camp de vacances en Corse du sud en janvier 1997. Six personnes, proches de Corsica Vica, avaient été interpellées mardi dans le cadre de ce dossier. Quatre d'entre elles étaient toujours en garde à vue à Ajaccio.

Le 11 Juin 1998 : Philippe de Casalta, directeur de la Société d'aménagement foncier et rural (Safer) de Corse, également directeur de la chambre d'agriculture de Haute-Corse, a quitté ses fonctions. Le ministère de l'Agriculture avait jugé que sa double casquette était illégale.

Le 11 Juin 1998 : Les quatre personnes qui étaient toujours gardées à vue dans les locaux de la gendarmerie de Bastia ont été relâchées, après la période légale de 48 heures. Elles avaient été interpellées, mardi matin près de Folelli, dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Pierre-Jean Tonelli, le 23 décembre dernier. Les militaires ont agi sur commission rogatoire du juge Rose-May Spazzola qui est en charge du dossier.

Le 11 Juin 1998 : Une maison inoccupée appartenant au général en retraite Jean-Baptiste Casabianca, actuel directeur du golf de Sperone (Corse-du-Sud), a été entièrement détruite par un attentat dans la nuit de mercredi  à Jeudi. La charge utilisée a été évaluée à 5 kilos. L'attentat n'a pas été revendiqué mais les enquêteurs privilégient la piste nationaliste. Complexe luxueux, accueillant des touristes étrangers fortunés, le golf de Sperone, près de Bonifacio, a déjà été la cible directe d'attentats commis par des nationalistes. Le personnel de Sperone solidaire : Nous assurons de notre soutien Monsieur Jean-Baptiste Casabianca, son épouse et ses enfants dont la maison familiale vient d'être détruite par un attentat. Un profond sentiment de dégoût nous anime devant cette nouvelle dérive remettant en question les valeurs morales et le respect familial dont la Corse pouvait s'enorgueillir. Les vieilles pierres de nos beaux villages corses habitées de l'âme de nos anciens sont bien tristes aujourd'hui ".

Le Vendredi 12 Juin 1998 : 3 agriculteurs interpellés à Ghisonnaccia. sur les cinq personnes qui ont été interpellées vendredi dans la région de Bastia, en Haute-Corse, en liaison avec l'arrestation en février dernier du nationaliste Marcel Lorenzoni. Les perquisitions ont notamment permis la découverte d'armes, a précisé un porte-parole de la police. Parallèlement, une perquisition a été effectuée dans la matinée au siège de l'Office de développement agricole et rural de Corse (Odarc) de Bastia. Marcel Lorenzoni a été arrêté trois jours après l'assassinat du préfet Claude Erignac, abattu le 6 février en pleine rue à Ajaccio. Il a été écroué pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. L'enquête n'a pas pu établir jusqu'à présent son implication dans l'attentat contre le préfet Erignac. Les policiers, qui privilégient la piste "nationaliste agricole", ont multiplié les interpellations et perquisitions dans cette mouvance. Le week-end dernier, trois personnes ont été mises en examen à Paris. Les auditions de deux d'entre eux - Roger Simoni et Simon Fazi, proches de Lorenzoni - seraient à l'origine de l'opération de vendredi. Par ailleurs, des inspecteurs généraux des Finances et de l'Agriculture poursuivent depuis mercredi leurs investigations dans les locaux de la Chambre départementale d'agriculture de Haute-Corse. Son président, Michel Valentini, a été écroué le 17 mai pour escroquerie et tentative de détournements de fonds au préjudice du Crédit agricole. Jeudi soir, le conseil d'administration de la Société d'aménagement foncier et rural (Safer) a mis fin aux fonctions de Philippe de Casalta, son directeur, également responsable de la Chambre d'agriculture. Cette décision intervient après la décision du ministère de l'Agriculture de suspendre toutes les activités de la Safer. Un plan de redressement de cette société, dont le déficit est d'environ 15 millions de FF, devra être élaboré dans les deux mois

Le Vendredi 12 Juin 1998 : Un militant nationaliste (Don Trajan Culioli) corse proche du mouvement Corsica viva, interpellé en début de semaine à Ajaccio, a été transféré à Paris à l'issue de sa garde à vue vendredi soir

Le Vendredi 12 Juin : 4 personnes interpellés en même Temps que Don Trajan Culioli dans le cadre de ma même affaire ont été relâchées sans aucune charge ne soit retenue contre eux.

Le 13 Juin 1998 : Don Trajan Mis en examen. Don Trajan Culioli, ex-dirigeant du mouvement nationaliste corse Corsica viva, a été mis en examen et écroué samedi à Paris dans le cadre de l'enquête sur un attentat à l'explosif commis le 12 janvier 1997.  Il est soupçonné par le juge antiterroriste Gilbert Thiel d'avoir participé au raid sur le village de vacances de Pinarello, sur la commune Sainte-Lucie de Porto-Vecchio (Corse-du-Sud). Un commando d'une vingtaine d'hommes armés avait neutralisé le gardien et sa famille avant de faire exploser quatre villas. L'attentat avait été revendiqué par le "nouveau" FLNC, créé en mai 1996 et considéré comme la branche armée du mouvement Corsica Viva. Il s'agissait de sa première "action militaire". Le village de vacances appartient à un entrepreneur italien, dont les biens avaient déjà été visés par plusieurs attentats en 1992, 1993 et 1994, revendiqués alors par le FLNC-Canal historique. Don Trajan Culioli, arrêté en début de semaine près d'Ajaccio, est poursuivi pour "association de malfaiteurs, dégradation volontaire par explosifs, séquestration et reconstitution de ligue dissoute" le tout "en relation avec une entreprise terroriste". Quatre autres personnes arrêtées en Corse dans la même affaire ont été remises en liberté vendredi sans qu'aucune charge soit retenue contre elles.

Le Samedi 13 Juin 1998 : Les principaux cadres du mouvement nationaliste corse A Cuncolta Naziunalista, réunis en assemblée générale dans l'après-midi à Ajaccio, ont décidé de le rebaptiser en A Cuncolta Indipendentista. "Notre option pour l'indépendance est claire. Nous ne l'avions pas assez affirmée précédemment. Nous allons oeuvrer pour que ce concept soit admis comme solution pour la Corse. Il faut rendre au peuple corse ses droits et sa souveraineté", a dit Charles Pieri.

Le 16 Juin 1998 : Paris : cinq ans dont trois ferme requis contre Stéphane Pierantoni. Cinq ans de prison, dont trois ferme, ont été requis, hier, contre un militant nationaliste, Stéphane Pierantoni, 30 ans, qui comparaissait devant la 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour participation à une association de malfaiteurs terroriste. Avec lui, devait comparaître Etienne Lovisi, 39 ans, mais ce dernier est en fuite et devrait être jugé par défaut bien que le substitut Irène Stoller, qui dirige la section antiterroriste du parquet de Paris, n'ait pas réclamé de peine à son encontre. Le tribunal, présidé par M. Francis Bruty, doit rendre son jugement le 30 juin.

Le 16 Juin 1998: 5 interpellations. Cinq personnes ont été interpellées ce matin dans le cadre d'une affaire d'attentat contre le logement d'un policier qui s'était déroulé en 1997. Ces personnes ont été placées en garde à vue mais ne seraient considérées que comme des témoins dans cette affaire instruite par le juge Gilbert Thiel. Dans la nuit, trois d'entre elles avaient été remises en liberté. Deux étaient toujours entendues dans les locaux du commissariat. Aucune information n'a filtré sur l'intérêt de ces auditions pour les enquêteurs mais il semblerait qu'elles soient surtout destinées à " fermer des portes " comme on a coutume de dire en jargon judiciaire.

Le 17 Juin 1998 : 3 des 5 interpellés du 16/06/98 sont libérés.

Le 17 Juin 1998 : Une mise en examen est intervenue, dans le cadre du dossier du meurtre de Pierre-Jean Tonelli, le 23 décembre 97, à Folelli. René Celli, un homme d'une trentaine d'années, a été écroué à la maison d'arrêt de Borgo pour " infraction à la législation sur les armes ". Peut-on considérer qu'il s'agit d'une affaire incidente ? Difficile à savoir. C'est la section de recherches de la gendarmerie d'Ajaccio qui est chargée du dossier. Des enquêteurs qui agissent sur commission rogatoire du juge bastiais Rosemay Spazzola. La semaine dernière, dans le cadre de cette affaire, huit personnes avaient été interpellées. Entendues en qualité de témoins, elles avaient presque toutes été relâchées au cours des jours suivants. Cependant, Patrick Paoli, un homme d'une trentaine d'années, avait été mis en examen dans le cadre d'une procédure incidente. Lors de son interpellation, une arme avait été saisie. Il avait été écroué jeudi, à la maison d'arrêt de Borgo.

Le Mercredi 17 Juin 1998 : Trois agriculteurs interpellés vendredi dans la région de Ghisonaccia (Haute-Corse), et transférées à Paris, ont été mis en examen mercredi pour ``association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste''. Ces trois personnes sont présentées comme des agriculteurs proches de Marcel Lorenzoni, incarcéré depuis février dans le cadre d'une affaire incidente à l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse, Claude Erignac. Elles auraient pris part à l'occupation des locaux de l'Office de développement agricole et rural de Corse (ODARC), en décembre 1997, et auraient, à cette occasion, falsifié une note confidentielle de l'ancien préfet de Police Gérard Bougrier, avant de la diffuser pour mettre en cause d'autres personnes que celles mentionnées dans la note originale.

Le Dimanche 21 Juin 1998 : Emile Mocchi, le maire (RPR) de Propriano, en Corse-du-sud, a été interpellé dimanche en milieu d'après-midi à son domicile par les inspecteurs du SRPJ d'Ajaccio et placé en garde à vue au commissariat d'Ajaccio. M. Mocchi a été interpellé dans le cadre d'une enquête sur une affaire financière concernant la commune de Propriano d'une part et l'une de ses entreprises d'autre part.. Emile Mocchi possède notamment des entreprises spécialisées dans le bâtiment (BTP) et dans les matériaux de construction.  Le maire de Propriano avait comparu vendredi devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio, pour détournement de fonds public. Il était poursuivi dans le cadre d'un dossier portant sur l'utilisation d'une subvention de 68 000 F versée par l'Etat et qui devait financer une étude sur l'urbanisme et l'amélioration de l'habitat dans la commune.  Le préfet de région, Bernard Bonnet, avait saisi en mars le procureur de la République d'Ajaccio sur la base de l'article 40 du code de procédure pénale afin d'obtenir des éclaircissements sur l'utilisation de cette somme. Le procureur de la République avait estimé que, même s'il n'y avait pas eu d'enrichissement personnel, le délit était constitué et il a requis à l'encontre d'Emile Mocchi une peine de cinq mois de prison avec sursis et une amende de 20.000 francs. Le jugement a été mis en délibéré au 7 juillet. Une information judiciaire a été ouverte également il y a quelques semaines sur l'extension du port de plaisance de Propriano et une enquête des gendarmes est en cours portant sur l'implantation d'un grand supermarché dans la ville.

Le 21 Juin 1998 : Dix personnes ont été interpellées en Corse, lundi matin, dans le cadre de trois affaires différentes concernant un attentat, une procédure financière, et l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac. Sept personnes présentées comme des militants nationalistes ont été appréhendées dans le cadre d'une commission rogatoire du juge parisien Gilbert Thiel, spécialisé dans les affaires de terrorisme. Il est en charge d'une information sur l'attentat en janvier 1997 de la mairie de Poggio-Marinaccio à 45 km au sud-ouest de Bastia. Par ailleurs, un client débiteur de la caisse régionale du Crédit Agricole de la Corse dont la gestion fait l'objet d'une information judiciaire concernant des prêts abusifs accordés à une quarantaine de personnalités de l'île, a été interpellé chez lui à Biguglia, près de Bastia, par les gendarmes chargés de l'enquête. Enfin, deux militants agricoles ont été également été interpellés près de Ghisonaccia par des policiers de la section nationale anti-terroriste (ex-6ème section de la Direction centrale de la police judiciaire). Ces deux personnes sont des proches du nationaliste Marcel Lorenzoni incarcéré pour détention illégale d'armes et association de malfaiteurs en relation avec des entreprises terroristes en marge de l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac.

Le 22 Juin 1998 : 5 agriculteurs interpellés dont deux transférés sur Paris (Responsable du Domaine de Pinia) (Interpellation d'un agriculteur cadre au Crédit Agricole/ 8 Personnes interpellées/la DNAT arrête Filidori pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste)

Le Lundi 22 Juin 1998 : Rappelons que le comité de défense des agriculteurs corses appelle à un rassemblement aujourd'hui lundi à 18 heures à Ghisonaccia devant le Crédit agricole, afin de protester contre les dernières arrestations dans les milieux agricoles. Dans un communiqué, le comité de défense des agriculteurs corses se dit " indigné et écoeuré par l'attitude anti démocratique de l'Etat français. " Il estime que " Roger Simoni et son fils, Simon Fazi et leurs épouses sont écroués pour terrorisme sans le moindre indice probant, qu'ils n'ont pas de responsabilité dans la mort du préfet Erignac, et qu'ils n'ont rien à se reprocher ni au Crédit agricole ni ailleurs. "

le Lundi 22 Juin 1998 : Arrestation de Joseph Barratier,  lundi matin à son domicile de Biguglia, près de Bastia (Haute-Corse).  Affaire Crédit agricole.

Le Lundi 22 Juin 1998 : La garde à vue d'Emile Mocchi, le maire (RPR) de Propriano, interpellé dimanche après-midi, a été prolongée de 24 heures. Il est entendu par les enquêteurs de la brigade financière du SRPJ d'Ajaccio dans le cadre d'une information judiciaire sur les conditions de l'extension du port de plaisance de Propriano. L'information judiciaire contre X a été ouverte le 8 avril par le procureur de la République d'Ajaccio, Jacques Dallest, pour « favoritisme, escroquerie, complicité, recel, faux et usage ». Plusieurs autres personnes, ne faisant pas partie de l'équipe municipale, sont également entendues.

Le Mardi 23 Juin 1998 : Le maire RPR de Propriano a été mis en examen à Ajaccio pour favoritisme et prise illégale d'intérêts dans le cadre d'une enquête portant sur les conditions de l'extension du port de plaisance de sa commune.  Emile Mocchi, 69 ans, a été laissé en liberté par le juge Guary et placé sous contrôle judiciaire avec paiement d'une caution de 400 000 francs et interdiction de rencontrer certaines personnes. Deux autres personnes, dont une à Paris, sont toujours  en garde à vue dans le cadre de ce dossier et devraient être présentées aujourd'hui au Parquet.  Maire depuis 1971, élu à l'assemblée territoriale de Corse en mars après avoir mené campagne auprès de Paul Natali, ce personnage influent de la vie politique de Corse-du-Sud a été entendu dans le cadre de l'information judiciaire contre X ouverte le 8 avril par le procureur de la République d'Ajaccio pour « favoritisme, escroquerie, complicité, recel, faux et usage ».  Les poursuites engagées contre Emile Mocchi, proche de Charles Pasqua et de Maurice Ulrich qui fut en charge du dossier corse à l'Elysée après l'élection de Jacques Chirac, porteraient notamment sur des contrats passés entre des sociétés dans lesquelles il possède des parts et les entreprises en charge du marché, selon son avocat.

Le Mardi 23 Juin 1998 : Treize personnes étaient toujours en garde à vue hier dans le cadre d'autres dossiers corses. Dix personnes sont toujours entendues par les gendarmes à Bastia et à Calvi à propos d'un attentat commis en janvier 1997 contre la mairie de Poggio-Marinaccio. Présentées comme des nationalistes, elles ont été appréhendées dans le cadre d'une commission rogatoire du juge parisien Gilbert Thiel. Des militants de la Cunculta Indipendentista se sont réunis devant les grilles du groupement de gendarmerie de la Haute-Corse à Montesoro, au sud de Bastia. Ils ont ainsi condamné " la vague d'arrestations qui touche une fois de plus nos militants ". Ils rappellent " aux jusqu'au-boutistes de la répression qu'elle ne saurait régler un problème qui n'est que politique. Reculer pour mieux sauter semble être la position du gouvernement actuel qui a décidé d'intimider tout un peuple. C'est mal connaître le peuple corse et sa capacité de résistance forgée par deux mille ans d'histoire ".

Le Mardi 23 Juin 1998 : Lionel Jospin a réaffirmé mardi sa détermination à "engager tous les moyens nécessaires pour assurer le respect de la loi en Corse", et a promis dans le même temps un programme de développement pour l'île. Lors des questions d'actualité à l'Assemblée, le Premier ministre a souligné que l'adhésion de la population corse était nécessaire à l'effort d'assainissement entrepris depuis l'assassinat du préfet Claude Erignac, le 6 février à Ajaccio. "La population Corse doit être consciente (...) que le retour à la norme du droit est la condition même d'un véritable développement économique et social dans l'île", a-t-il dit. La préparation du prochain contrat de plan entre la collectivité de Corse et l'Etat, qui commencera dans les prochaines semaines, "peut constituer l'occasion de bâtir avec l'île un véritable programme de développement", a-t-il estimé. "Il y a un an", lors de la déclaration de politique générale, "j'ai proposé (...) aux Français un pacte républicain et un pacte de développement et de solidarité", a ajouté Lionel Jospin. "Pour l'un comme pour l'autre, les Corses savent qu'ils peuvent compter sur le gouvernement: il agit sans passion, il agit sans faiblesse, et il agira dans la durée."

Le Mardi 23 Juin 1998 : L'association Patriottu donnait une conférence de presse à Ajaccio, dans les locaux de la Cuncolta. Par son porte-parole, Olivier Sauli, elle voulait prendre à témoin l'opinion publique sur " la déliquescence de certains comportements policiers qui s'affirment de plus en plus autoritaires ". Objet de cette dénonciation : l'interpellation (la cinquième) d'une adhérente de l'association, Marie-Hélène Mugnaï mais surtout les conditions - présente elle-même hier - dans lesquelles cette interpellation s'est déroulée. " En matière de lutte antiterroriste ", dit Olivier Sauli, " il ne faut point omettre que l'instruction se fait toujours à charge, jamais à décharge, ne laissant aucune place à la présomption d'innocence ".  Dans ces conditions, selon Patriottu, certains policiers se croiraient autorisés à des écarts de conduite dans la gestion des gardes à vue. Ainsi, Marie-Hélène Mugnaï a été tutoyée lors de son interrogatoire. De plus, le fait qu'elle soit sujette à des crises de spasmophilie n'a pas été pris en compte. " Il a fallu le diagnostic du docteur Marcaggi, habilité à suivre les personnes en garde à vue, pour que soit prise la décision de l'hospitaliser rapidement ". En clinique, elle a été menottée à son lit. Un certificat médical - illustré par des photos présentées par l'association - atteste de contusions et d'hématomes divers, mais aussi d'un " choc émotionnel important ".

Le Mardi 23 Juin 1998 : L'enquête relative à l'assassinat du préfet Claude Erignac s'est déplacée sur la Côte d'Azur. Sur commission rogatoire d'un juge parisien, les enquêteurs de la DNAT (Division nationale antiterroriste, 6° division de la direction centrale de la police judiciaire) ont interpellé discrètement mardi après-midi un homme d'une cinquantaine d'années à Vence.

Le Mercredi 24 Juin 1998 : Un ancien fonctionnaire de la direction départementale de l'équipement de Corse-du-Sud a été mis en examen pour favoritisme et ingérence, dans le cadre de l'enquête sur les conditions de l'extension du port de plaisance de Propriano.

Le 24 Juin 1998 : Le substitut du procureur Martine Boulouque a laissé à l'appréciation de la 17e chambre correctionnelle de Paris la sanction à prendre contre Jean-Michel Rossi, rédacteur en chef de l'organe de presse d'A Cuncolta, " U Ribombu ". M. Rossi comparaissait pour " des injures, une diffamation, une entrave à la liberté d'expression et des menaces de mort ", à l'encontre du journaliste Guy Benhamou et du journal " Libération. Le substitut a jugé graves ces délits et a demandé en conséquence la plus large diffusion dans la presse de la condamnation : " Votre jugement aura une double vertu, celle de sanctionner une atteinte intolérable " à la liberté d'expression, et celle " d'encourager les journalistes à ne pas craindre le diktat ".  Jean-Michel Rossi a reconnu les " injures " mais les a estimé justifiées par des articles " provocants " de M. Benhamou, invoquant " la période particulièrement noire que connaissait le mouvement nationaliste corse ", après l'attentat le 1er juillet 1996 dont avaient été victimes deux responsables d'A Cuncolta

Le Mercredi 24 juin 1998 : Joseph Barratier, agriculteur et dirigeant d'une caisse locale du Crédit agricole de Corse, a été mis en examen mercredi pour ``recel de détournement de fonds publics'' par le juge Jean Guary. On lui reproche notamment d'avoir bénéficié d'un prêt de trois millions de ff sans avoir apporté de garanties. Joseph Barratier, qui avait été interpellé lundi matin à son domicile de Biguglia, près de Bastia (Haute-Corse), a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.

Le 24 Juin 1998 : Une personne a été interpellée, aux aurores à son domicile de Calvi par deux enquêteurs de la 6e Division nationale antiterroriste. Les policiers auraient agi sur commission rogatoire du juge Bruguière de la 14e section. Une arrestation à rapprocher, semble-t-il, des interpellations du début de semaine à Pinia et à l'occupation de l'ODARC en décembre dernier à Bastia. Il a été emmené dans les locaux de la gendarmerie de Calvi afin d'y être interrogé. Selon toute vraisemblance, il devrait être transféré rapidement à Paris, via Bastia ou Solenzara (le plus probable).

Le 24 Juin 1998 : Sur les dix personnes interpellées en Haute-Corse, parmi les militants et sympathisants di a Cuncolta indipendentista et de Corsica Nazione, dans le cadre de l'enquête sur l'attentat de la mairie de Poggio-Marinaccio en Castagniccia, quatre étaient, ce soir encore, en garde à vue. Pour quatre des cinq personnes entendues dans les locaux du groupement de gendarmerie à Bastia, les auditions se poursuivaient en soirée ; seule l'une d'entre elles ayant été remise en liberté. En revanche, les cinq autres militants nationalistes interpellés lundi matin en Balagne ont pu quitter libres, en fin de matinée, les locaux de la compagnie de gendarmerie de Calvi, après 53 heures d'une garde à vue, dont la prolongation de 48 heures leur avait pourtant été notifiée, sur place, par un juge d'instruction bastiais, à la demande du juge parisien Thiel

Dans la nuit du 25 au 26 juin 1998 : Actions clandestines contre la gendarmerie de Saint-Florent et le tribunal de police de Corte.

Le 25 Juin 1998 : Enquête sur l'attentat de Poggio-Marinaccio : Si deux personnes ont été remises en liberté après trois jours et trois nuits de garde à vue, ce matin, par la brigade de recherche de la gendarmerie de la Haute-Corse, deux autres personnes ont été maintenues dans les locaux du groupement à Montesoro au sud de Bastia. Six autres personnes avaient été relâchées avant-hier. Les militaires ont agi sur commission rogatoire d'un juge de la 14e section dans le cadre du dossier de l'attentat contre la mairie de Poggio-Marinaccio, en Castagniccia, le 14 janvier 1997. Une action revendiquée, le 29 janvier suivant, par le FLNC-Canal historique. Dans l'après-midi, leur transfert vers Paris a été décidé, leur garde à vue arrivant à expiration. Dans le cas d'affaire de terrorisme, les juges peuvent prolonger celle-ci pendant quatre jours. Ils ont quitté le sol corse pour la capitale à partir de l'aéroport de Poretta. Les deux hommes, présentés comme des nationalistes proches de l'A Cuncolta, seront présentés ce matin au juge d'instruction antiterroriste Gilbert Thiel, dans les bureaux de la 14e section. Celui-ci décidera ou pas de les mettre en examen

Le 25 Juin 1998 : Moins de six mois après l'assassinat du préfet Erignac, le premier livre tentant de clarifier les tenants et aboutissants de cette affaire est paru aujourd'hui. Sous le titre sobre : " Corse assassinat d'un préfet ", c'est un véritable " coup de gueule " que pousse Michel Codaccioni. Journaliste, directeur de RCFM, correspondant du " Monde ", Michel Codaccioni voulait juste " lister " les événements et leur chronologie : " J'en avais écrit huit pages lorsque j'ai rencontré Guy Firroloni (directeur des éditions Albiana), il m'a dit "tu es en train d'écrire un livre". C'est comme cela que ce livre est né.

Le 25 juin 1998 : On ne sait pas encore avec exactitude ce qui s'est passé au lieu-dit Soriani à Azzana  à 15 h 30. Au beau milieu de l'après-midi, M. Ange-Marie Vellutini, 72 ans, se trouvait dans son jardin tout près de sa maison. C'est à ce moment qu'un tireur - situé environ à 30 mètres de là - a tiré à deux reprises sur lui avec un fusil de chasse.

Le 25 Juin 1998 : Les femmes du Manifeste reçues à la préfecture : Les femmes du Manifeste entendaient interroger le nouveau préfet de Corses sur un certain nombre de points. Tout d'abord elles souhaitaient savoir ce que recouvre la nouvelle extension des pouvoirs du préfet de Corse et ce que l'on entendait par " crise menaçant gravement l'ordre public " et par " moyens exceptionnels ".

Le 26 Juin 1998 : Les responsables de Pinia entendus par le juge : Une des épouses a été remise en liberté. Les deux agriculteurs à Paris depuis lundi seront auditionnés ce matin. Il leur sera signifié, ou non, une mise en examen. 

Le 26 Juin 1998 : Mise en Examen de STÉPHANE CAMPE et de JACQUES DE MEYER. Le juge antiterroriste Gilbert Thiel, de la 14e section, a mis en examen et écroué pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste" et détention illégale d'armes deux hommes, arrêtés lundi en Corse, suite à l'enquête sur l'attentat contre la mairie de Poggio-Marinaccio, le 14 janvier 1997. Jacques de Meyer et Stéphane Campé ont été placés en garde à vue pendant quatre jours au groupement de la gendarmerie de Haute-Corse à Montesoro, au sud de Bastia. Une dizaine de revolvers et pistolets auraient été découverts au domicile d'un des deux hommes, ainsi qu'une arme de poing chez l'autre. En revanche, leur responsabilité ne semble pas avoir été établie dans l'enquête sur l'attentat commis en janvier 1997 contre la mairie de Poggio-Marinaccio, qui a motivé leur interpellation. Une dizaine d'autres personnes avaient été également interpellées en même temps, lundi, à Bastia et à Calvi. Elles avaient été interrogées par les militaires de la brigade de recherche. Elles avaient toutes été remises en liberté au fil des jours

Le 26 Juin 1998 : Après Marcel Lorenzoni, Simon Fazi, Roger et François Simoni, et à l'issue de leur garde à vue, ils viennent d'être mis en examen pour " association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste " par un juge de la 14e section. Deux responsables agricoles corses ont été mis en examen et écroués jeudi par le juge d'instruction parisien Laurence Le Vert, en marge de l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, commis le 6 février. Mathieu Filidori, 50 ans, et Gérard Serpentini, 46 ans sont poursuivis pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Près de cinq mois après l'assassinat de M. Erignac, les enquêteurs semblent privilégier la piste de commanditaires évoluant dans la mouvance agricole de la plaine orientale corse. Celle-ci a vu se développer en son sein, courant 1996-1997, un mouvement de contestation syndicale réclamant l'effacement global de la dette des paysans, lors de manifestations parfois violentes, au cours desquelles étaient distribués des tracts prenant pour cible le préfet. Ce mouvement de contestation a été accompagné à la même époque de nombreux plastiquages d'agence du Crédit agricole, revendiqués par des mouvements nationalistes tels que le FLNC-Canal historique ou RESISTENZA.  Les enquêteurs ont en outre relevé des « similitudes sémantiques » entre les tracts diffusés par la mouvance agricole et le communiqué d'auto-dissolution du mystérieux groupe Sampieru, qui avait en janvier condamné à l'avance toute action violente contre des représentants de l'État. C'est dans le cadre de cette enquête que d'autres responsables agricoles, souvent liés par le passé aux milieux nationalistes ont déjà été mis en examen et écroués, tels que Marcel Lorenzoni ou plus récemment Roch Simoni.

Le 26 Juin 1998 : La section Cuncolta Balagna se réunit. " Compte tenu de l'importance de l'ordre du jour, la présence de tous est indispensable "

Le 28 Juin 1998 : Action Clandestine contre le cantonnement de gendarmes mobiles de Borgo. La déflagration a fait voler en éclats les vitres du bâtiment et soufflé les portes et fenêtres. Un gendarme mobile sérieusement choqué a dû être hospitalisé. Le major Alain Chaxel, qui appartient à l'escadron de gendarmes mobiles 16/7 de Baccarat en Moselle, était toujours, à l'hôpital. Il doit en sortir aujourd'hui. Il souffre, selon le médecin qui le soigne, de " traumatisme sonore ".

Le 28 Juin 1988 : Un second attentat à l'explosif a eu lieu contre les locaux de la société Logirem à Ajaccio. Selon la police, il n'y a pas eu de blessés et les dégâts sont moyennement importants. La déflagration a eu lieu vers 3h00 du matin

Dans la nuit du vendredi 27 Juin 1998 au samedi 28 Juin 1998 : Attentats à l'explosif contre la gendarmerie de Saint-Florent et le tribunal de police de Corte en Haute-Corse. Les dégâts matériels sont limités. 

Le Lundi 29 Juin 1998 : Le quotidien Libération a annoncé lundi qu'il assignait en référé le journaliste Michel Codaccioni, auteur d'un ouvrage intitulé "Corse, assassinat d'un préfet", qui contient selon le journal une série d'accusations mensongères contre le titre et son journaliste Guy Benhamou. Me Muriel Brouquet, avocate de Libération, a indiqué par téléphone à l'AFP qu'elle déposerait lundi à Paris son assignation en référé d'heure à heure, visant également l'éditeur Albiana, pour demander sous peine d'astreinte financière la publication dans la presse et l'insertion dans le livre d'un encart "rétablissant les faits".

Le 31 Juin 1998 : Interpellation de GILLES MILLET, journaliste à l'évènement du Jeudi !!! et de PIERRE JEAN LUCCIONI de FRANCE 3 Corse. Deux journalistes, Gilles Millet, collaborateur de l'Evénement du Jeudi, et Pierre-Jean Luccioni, rédacteur en chef de France 3 pour la Haute-Corse, ont été entendus par la police, en marge de l'enquête menée par le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière sur l'assassinat du préfet Erignac. Le premier est en garde à vue. Les policiers s'interrogent sur leurs liens avec deux militants indépendantistes corses, incarcérés depuis le 6 juin pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » Roch Simoni et François Fazi. M. Simoni aurait affirmé avoir reçu des mains de M. Millet un rapport confidentiel des Finances sur le Crédit Agricole de Corse. Rapport qui avait été montré à l'écran sur France 3. GILLES MILLET est descendu en caleçon à 6 heures du matin. A l'aube encore, mais cette fois à Bastia, un couple d'officiers du même service a été quérir un serrurier pour ouvrir l'appartement de Pierre-Jean Luccioni, rédacteur en chef adjoint à France 3, qui était en congé, au village. Il s'est rendu de lui-même à 14 h 30 à la PJ de Bastia pour y être entendu. 

En juin : le préfet Bonnet rencontre pour la première fois son informateur " Corte ", qui lui fournit des indications générales sur les assassins du préfet Erignac.

Le Mardi 31 Juin 1998 : Assassinat du pont d'Ucciani : Tueur mais aussi violeur présumé : Grièvement blessé à la tête, Lukas Vakoc est décédé dans la soirée de mardi. Sa compagne tout juste âgée de 20 ans, a été rouée de coups et violée à plusieurs reprises. Un couple d'étudiants tchèques, en vacances depuis quelques jours dans l'île, sympathise avec deux saisonniers de leur âge installés dans la région. Dans la soirée de mardi, les touristes invitent leurs nouvelles relations à venir prendre un verre près de leur tente, au bord de l'eau. La soirée se prolonge un peu. L'un des saisonniers est fatigué et se fait raccompagner par son compagnon. L'autre revient quelque temps plus tard. Manifestement, il a préparé tout ce qui va suivre. Il gare sa voiture sur le bord de la route puis, armé d'une carabine 22 long rifle, il redescend vers le bord de la rivière. D'après ce qui a pu être établi par les services enquêteurs, il s'infiltre dans la tente du jeune couple. Ceux-ci s'en rendent compte. Lukas Vakoc le fait sortir, Paul Velliot prend alors sa carabine et tire. La balle traverse la tête de sa victime. Puis il s'en prend à sa compagne. Paul Velliot, 24 ans, saisonnier dans la région, a été mis en examen pour homicide volontaire avec préméditation et viol. Il a été placé sous mandat de dépôt.

Le 31 Juin 1998 : La famille Lorenzi s'adresse au ministre de l'Intérieur et au garde des Sceaux : Il y a tout juste deux ans, une voiture piégée explosait sur le vieux port de Bastia, faisant un mort, Pierre Lorenzi, et un blessé, Charles Pieri. Cet attentat spectaculaire qui a semé une vive émotion dans l'île n'a été ni revendiqué ni élucidé. Dans une lettre récemment adressée au ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, M. François Lorenzi, le père de Pierre Lorenzi, victime de l'attentat, écrit notamment : J'ai l'honneur de vous adresser la présente pour vous faire part de mon sentiment personnel, partagé par toute ma famille, au sujet de l'enquête menée par les services de police judiciaire, à la suite de l'attentat du 1er juillet 1996, sur le vieux port de Bastia, où mon fils a été assassiné. A la veille du deuxième anniversaire de sa mort, je me dois de dénoncer, non pas un simple laxisme ou une incurie, mais une volonté manifeste d'entraver les investigations. Sans doute tous les assassinats ne méritent-ils pas les mêmes inquiétudes, ni le même traitement. Il est à peine temps, mais encore temps, de reprendre sérieusement en main cette affaire aussi, si l'on veut pleinement restaurer l'Etat de droit. Veuillez agréer... Dans le même temps, M. François Lorenzi écrit en ces termes au garde des Sceaux, Élizabeth Guigou : J'ai l'honneur de vous adresser sous ce pli copie de la lettre que je fais parvenir ce jour à M. le ministre de l'Intérieur, au sujet de l'affaire de l'attentat du 1er juillet 1996 à Bastia, où mon fils a trouvé la mort. En qualité de partie civile, je souhaite que les efforts nécessaires soient entrepris et menés à leur terme afin que la " cavale " des assassins de mon fils prenne fin. Je crois utile de vous préciser que je ne suis animé par aucun sentiment de vengeance, mais je désire simplement que la justice soit rendue, sans tarder."

Le 31 Juin 1998 : La 12e chambre du tribunal correctionnel de Paris a condamné à trois ans de prison le militant nationaliste Stéphane Pierantoni, né à Bastia en 1968, qui était poursuivi pour participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un acte de terrorisme, détention d'armes et explosifs, recel et usage de fausse plaque. Etienne Lovisi, né en 1959 à Guelma (Algérie), en fuite et jugé par défaut, a été relaxé. Militant du MPA, Pierantoni, président depuis le 5 octobre 1994 d'une association sportive, exploitait une salle de sport près de Bastia. L'accusation considérait qu'il s'agissait d'une couverture pour infiltrer les jeunes du quartier. A la suite d'un attentat en septembre 1996, les policiers découvrirent dans les locaux de l'association arme, explosifs, cagoules ainsi qu'une moto volée munie d'une fausse plaque. Lors de l'audience, le 16 juin dernier, le prévenu avait déclaré qu'il ignorait la provenance de tout cela, alors que lui seul et ses proches disposaient des clefs de cet endroit. Le substitut, Mme Stoller, avait réclamé 5 ans de prison dont 3 ans ferme. Le tribunal, qui était présidé par M. Francis Bruty, a relaxé Pierantoni pour la participation à une association de malfaiteurs mais l'a condamné à 3 ans pour les autres chefs. Concernant Lovisi, le mandat d'arrêt lancé contre lui a été levé à moins qu'il ne soit recherché pour une autre cause.

Le Mardi 31 Juin 1998 : Le préfet de Corse, Bernard Bonnet, a indiqué mardi que ``la clarification en cours'' de l'agriculture de l'île ``n'est pas terminée''. Présentant devant la presse à la préfecture de région à Ajaccio le nouveau directeur régional de l'agriculture et de la forêt corse Patrice Devos, anciennement directeur de l'Institut pour le développement forestier, le préfet a insisté sur la nécessité de ``mettre à jour les responsabilités et préserver des outils au bénéfice des agriculteurs et non d'une minorité de profiteurs de système''

 

JUILLET 1998

Voici ce que je titrais en Juillet 1998 dans la publication des informations quotidiennes par voie de mail :

"Soixante Corses au total sont détenus et en attente d'être jugés dans des affaires de terrorisme, dont une vingtaine arrêtés depuis l'assassinat du préfet Erignac. " Et plus d'un millier d'arrestations !!!!! AFP du 8 Juillet 1998... Gilles Millet déclare que la plupart des dossiers sont vides.

Le Mercredi 1er Juillet 1998 : Le journaliste Michel Codaccioni, assigné lundi en référé par Libération pour des accusations non fondées dans son ouvrage intitulé "Corse, assassinat d'un préfet", a reconnu mercredi "s'être trompé" dans une lettre au directeur du quotidien, Serge July. "Je me suis trompé", écrit dans sa lettre M. Codaccioni, qui est directeur de la station locale corse de Radio France, Radio Corse Frequenza Mora, et correspondant du Monde. "Je veux dire tous mes regrets et mes excuses" à Libération, à Serge July et à Guy Benhamou, journaliste à Libération, "dont je sais qu'il fait l'objet de menaces, et pour lequel j'ai une pensée toute particulière".

le 1er Juillet 1998 : Un sommet judiciaire anti-terroriste sur la situation en Corse se tiendra mercredi prochain à Bastia et réunira le procureur de la République de Paris, Jean-Pierre Dintilhac, le juge anti-terroriste Jean-Louis Bruguière, le substitut Irène Stoller, chef de la 14ème section anti-terroriste du parquet de Paris, et le nouveau procureur général près la cour d'appel de Bastia, Bernard Legras.

Le Mercredi 1er Juillet 1998 : Plasticage le 1er juillet d'un bureau de poste à Marseille. A Marseille, le petit bureau de poste au sommet de la Cannebière a subi d'importants dégâts. La charge évaluée à environ 4 kilos a creusé un cratère de 80 cm sur le mur d'enceinte et a soufflé les vitres des immeubles environnants.  La déflagration survenue à 4h 26 a blessé légèrement deux habitants d'un immeuble voisin. L'enquête a été confiée à la brigade criminelle du SRPJ de Marseille. Deux témoins ont relaté qu'une voiture avait démarré en trombe peu avant l'explosion.

Le mercredi 1er Juillet 1998 : Le Sénat a adopté, mardi, par 287 voix contre 10 le projet de loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie en termes identiques au texte voté par les députés le 16 juin, permettant au Parlement de se réunir lundi en congrès à Versailles.

Le 2/3 Juillet 1998 : U Culletivu per a Nazione communique : "

Dans un article relatif aux " affaires corses " publié le 1er juillet (page Nation) il est écrit textuellement que le Collectif pour la nation, dont le fondateur serait Marcel Lorenzoni serait une dissidence du FLNC-Canal historique. U Culletivu per a Nazione qui ne se reconnaît pas de fondateur particulier n'a jamais rien eu à voir avec le FLNC-Canal historique ou avec une quelconque autre organisation clandestine. Ceux qui ont constitué ce collectif ont simplement voulu mettre en lumière certaines carences du mouvement national corse qui tendait à éluder sa revendication essentielle : l'indépendance nationale. Certaines prises de positions récentes d'organisations politiques nationalistes sont venues confirmer les convictions du collectif dont les membres avaient signé de leur nom une déclaration rendue publique par la presse dans les premiers jours de janvier 1998. Nous sommes loin de la clandestinité et des liens avec la clandestinité que l'on essaie systématiquement de nous attribuer dans le but évident de nuire à des militants politiques publics dont le seul délit est de préconiser la seule solution de bon sens au problème corse : l'indépendance nationale. "

 

Le 2 Juillet 1998 : Dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du préfet de région Claude Erignac, le journaliste Gilles Millet a été mis en examen pour « recel de violation du secret de l'instruction » par le juge d'instruction parisien Jean-Paul Valat, à l'issue de 48 heures de garde à vue.  Spécialisé dans les affaires corses, Gilles Millet est poursuivi pour avoir été en possession de copies de pièces d'origine policière concernant l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac. Ces pièces ont été saisies lors d'une perquisition menée à son domicile mardi matin.

Le 03 Juillet 1998 : Reporters sans frontières vient de lancer une pétition de soutien à Gilles Millet - le journaliste mis en examen dans les affaires corses -, dont les signataires se déclarent « passibles (comme lui) d'être poursuivis pour recel de violation du secret de l'instruction ». « Il n'y a pas de journalisme d'enquête, de journalisme d'investigation digne de ce nom, sans recel de documents », affirme ce texte

Le 4 Juillet 1998 : Un engin explosif, dont le système de mise à feu n'a pas fonctionné, a été découvert ce matin devant l'enceinte de la gendarmerie de Porto-Vecchio. Le dispositif, composé d'un jerrycan de dix litres de nitrate de fuel couplé à 1,5 kg d'explosif, a été retrouvé devant la clôture de la gendarmerie, près des garages. Trois bâtiments des forces de l'ordre ont été la semaine dernière la cible d'attentats revendiqués par le FLNC-Canal Historique: la gendarmerie de Saint-Florent, le tribunal de police de Corte et le cantonnement de gendarmes mobiles de Borgo. L'engin a été découvert à 02h30 par une patrouille de surveillance. 

le 06 Juillet 1998 :  5 Personnes interpellées à Aiacciu, Bastia et Ghisunaccia. 

Le Mardi 7 juillet 1998 et le Mercredi 8 Juillet 1998 : Cinq personnes, trois hommes et deux femmes sont interpellées mardi et mercredi en Haute-Corse sur commission rogatoire du juge Jean-Louis Bruguière et  sont entendues à Paris par les policiers de la division nationale anti-terroriste. Ces cinq personnes ont été appréhendées à Pianello, sur la côte orientale de l'île, dans le cadre de l'enquête concernant le militant agricole nationaliste Marcel Lorenzoni, écroué peu après l'assassinat, le 6 février à Ajaccio, du préfet Claude Erignac. L'un des interpellés doit être présenté vendredi soir au juge Laurence Le Vert, a t on ajouté de même source. Marcel Lorenzoni est écroué depuis le 13 février, dans une affaire incidente à l'assassinat du préfet Erignac. Il a été mis en examen pour "détention illégale d'armes et association de malfaiteurs en relation avec des entreprises terroristes", après la découverte dans sa villa de Bastelica (Corse-du-Sud) d'une dizaine de pains de plastic et d'armes. 

"informations sur l'arrestation du 7 Juillet 1998 : Trois agriculteurs ont été interpellées hier à Pianello, sur la Côte orientale corse. La division nationale anti-terroriste (DNAT) agissait dans le cadre de l'enquête sur le militant nationaliste Marcel Lorenzoni, dans une affaire incidente de l'assassinat du préfet Claude Erignac. Vincent Carlotti et Laurent Laplace ont été placés en détention, alors qu'Eric Prunetta a été laissé en liberté sous contrôle judiciaire.   Les trois hommes avaient été interpellés les 7 et 8 juillet à Pianello, sur la côte orientale de l'île, dans le cadre de l'enquête concernant le militant agricole nationaliste Marcel Lorenzoni, écroué peu après l'assassinat, le 6 février à Ajaccio, du préfet Claude Erignac.  Deux femmes, qui avaient été aussi appréhendées, ont été remises en liberté sans être déférées devant la justice.

le 07 Juillet 1998 : Raffles à Aiacciu et Bastia ; 1 personne est transférée pour être entendu.

Le 07 Juillet 1998 : Condamnation du maire RPR de Propriano (Corse-du-Sud). Devant le tribunal correctionnel d'Ajaccio, Emile Mocchi a en effet écopé de quatre mois de prison avec sursis pour avoir « gelé » une subvention d'Etat de 60 000 francs.

Le 8 juillet  1998 : CORSE MATIN REND HOMMAGE A UN GENDARME !  Alors que la Corse connaît une vague de répression coloniale, le clin d'œil de la presse et de l'agglomération de Ghisonaccia : Départ du gendarme Pascal Gascard : Cela faisait déjà treize ans que le gendarme Pascal Gascard se trouvait sur notre île. Occupant successivement ses fonctions aux brigades de recherches d'Aleria puis de Ghisonaccia. C'est donc tout naturellement qu'il disposait d'attaches solides en Corse, ce qui rendra son départ très difficile. Pour mieux se souvenir de tous ses amis, civils et militaires, ils les avaient conviés à un apéritif dînatoire dans la salle des fêtes de Ghisonaccia. Après l'allocution du capitaine Roux, commandant la compagnie de gendarmerie de Ghisonaccia, Pascal Gascard devait faire ses adieux, la larme au coin de l'oeil, en remerciant ses invités de leur présence et pour les beaux cadeaux offerts. Notre agence souhaite à Pascal Gascard et son épouse Corinne, ainsi qu'à ses deux enfants, Emilie et Nicolas, bonne chance dans leur nouvelle affectation à Saint-Etienne. Mais ce n'est qu'un au revoir, Pascal Gascard a promis à ses amis de revenir sur l'île. !!!!! :-)

Le Mercredi 8 Juillet 1998 : Les magistrats antiterroristes parisiens et insulaires ont quitté, mercredi vers 20H00, le Palais de justice de Bastia (Haute-Corse) après une longue réunion de travail visant "à mieux synchroniser leur action" face aux enquêtes en cours, au premier rang desquelles la recherche des assassins du préfet Erignac. Arrivés au Palais de justice sous bonne escorte, en début d'après-midi, ces magistrats du siège et du parquet se sont séparés en début de soirée, afin de permettre notamment au procureur de la République de Paris, Jean-Pierre Dintilhac, et au juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière de regagner la capitale par le dernier vol régulier. Auparavant, ils ont produit un cours communiqué commun dans lequel, se déclarant "animés du souci commun de contribuer à l'application de la loi dans la complémentarité de leurs fonctions et de leurs attributions respectives", ils constatent "leur convergence et leur volonté de poursuivre l'action conduite". Ils ont également affirmé avoir constaté "la nécessité de poursuivre et de renforcer leurs échanges tant sur les méthodes de travail que sur l'état des procédures en cours". Interrogé par la presse insulaire, le procureur près la cour d'appel de Bastia, Bernard Legras, installé voici un mois, avait indiqué que cette réunion devait aborder des questions de "technique judiciaire". "Il est important qu'existe une solidarité entre les juges", a-t-il fait valoir dans une allusion à d'éventuelles divergences de vues entre magistrats de Corse et du continent. "Mais, a-t-il précisé, il existe un certain consensus sur le dessaisissement des affaires de terrorisme, qui évite aux magistrats insulaires d'être exposés à des pressions ou des menaces". Cinq mois après l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, le 6 février à Ajaccio, il a souligné que l'enquête était "extrêmement difficile" : "l'avenir de la Corse" est lié "à la possibilité que nous aurons de la résoudre", a-t-il dit, rendant hommage, au passage, à l'action du juge Bruguière. Soixante Corses au total sont détenus et en attente d'être jugés dans des affaires de terrorisme, dont une vingtaine arrêtés depuis l'assassinat du préfet Erignac. Ces soixante personnes, en majorité proches du FLNC-Canal historique ou de groupuscules nationalistes satellites ont toutes été placées sous mandat de dépôt par les juges antiterroristes parisiens Jean-Louis Bruguière, Laurence Le Vert, Jean-François Ricard et Gilbert Thiel. Au-delà des enquêtes antiterroristes, le procureur Legras a souligné que sa volonté de "parvenir à une parfaite harmonisation des actions judiciaires" supposait un renforcement des "rapports entre la police et la gendarmerie ainsi qu'avec l'autorité administrative, la chambre régionale des comptes et les professionnels de la comptabilité. La justice ne peut plus naviguer à vue. Il faut donc que nous ayions des instruments fiables d'évaluation de nos actions", a-t-il fait valoir. Pour sa part, le préfet de Corse, Bernard Bonnet, interrogé sur France 3 Corse, a qualifie d'"excellente" la coordination entre les pouvoirs exécutif et judiciaire. Se refusant à commenter les enquêtes en cours concernant des élus de l'île, le préfet a fait valoir que "nul n'est à l'abri de la justice". Assurant qu'il avait "une confiance totale dans la classe politique qui représente la population", il a souligné que "la confiance n'exclut pas le contrôle".

 

le 08 Juillet 1998 : Interpellation de deux personnes à Bastia et 4 personnes sont transférées pour être entendus

Le 09 Juillet 1998 : Joseph Barratier, président de la caisse locale du Crédit Agricole de la plaine sud de Bastia, a été écroué jeudi matin à la maison d'arrêt de Borgo (Haute-Corse). Joseph Barratier, interpellé dans sa villa des hauteurs de Bastia, avait été mis en examen le 24 juin pour recel de détournement de fonds publics par le juge Guary, dans le cadre de l'affaire de la caisse régionale du Crédit Agricole de la Corse.

Le Samedi 11 Juillet 1998 : Une résidence secondaire a été entièrement détruite par un attentat à l'explosif samedi à 22h10 (21h10 GMT) à Tiuccia, à 25 km au Nord d'Ajaccio. La charge, de nature et de puissance indéterminées, était reliée à des bouteilles de gaz. Elle a été placée à l'intérieur de la villa de M. Irsan Simsar, commerçant installé à Paris qui devait venir en vacances ce dimanche avec sa famille. La bâtisse, d'une valeur de deux millions de francs a été entièrement détruite. Sur place les enquêteurs n'ont relevé ni inscription, ni tract, ni autre forme de revendication.

  Le 14 Juillet 1998 : U Culletivu per Nazione et a Manca Naziunale communiquent organisent " a prima festa di l'indipendenza " le 14 juillet au couvent de Casabianca. Programme : A partir de 9 heures, nettoyage des lieux. Débat entre u Culletivu et a Manca. 12 heures : merendella. A partir de 14 heures, débat public : l'indépendance n'est pas une chimère. Reste à définir tous ensemble les mécanismes et à poser les jalons du seul avenir porteur d'espérance. L'assemblée nationale provisoire, sa définition, son instauration, le corps électoral corse, l'inscription volontaire sur les listes nationales, autant de sujets et d'autres mis au débat. Un stand du livre corse sera ouvert par la librairie " Lettres Sud ". Yves Bourdiec dédicacera son livre : " Nationalisme corse : les points sur les i ".

Le 15 Juilllet 1998 : Incendie à Sari-Solenzara : La commune condamnée à payer La Cour administrative d'appel de Lyon a récemment condamné la commune de Sari-Solenzara à verser : d'une part une indemnité de 105 210 F à six habitants de cette localité dont les propriétés avaient en partie été détruites lors d'un incendie survenu le 1er août 1989, et d'autre part, un dédommagement de 520 295 F à leur compagnie d'assurance. De telles réparations financières sont majorées d'intérêts. Le feu s'était déclaré dans une décharge en combustion utilisée quotidiennement par la commune puis il s'était propagé sous l'effet d'un vent violent à des résidences voisines. La Cour a considéré que même en l'absence de faute de la part de la commune, la responsabilité de celle-ci est engagée vis-à-vis des sinistrés et de leur assureur en admettant même l'origine criminelle - d'ailleurs non établie - de cet incendie. Le précédent jugement désormais annulé du tribunal administratif de Bastia en date du 4 novembre 1994 avait mis la commune hors de cause.

Dans la semaine du 16 Juillet 1998 : LA POLICE ARRETE UN "DANGEREUX" TERRORISTE HEMIPLEGIQUE DEPUIS 14 ANS SE DEPLACANT UNIQUEMENT EN CHAISE ROULANTE !!!!!!

Dans la nuit du 19 Juillet au 20 Juillet 1998 : Une déflagration a résonné, au petit jour, à Miomo. Une voiture venait d'être la cible d'un attentat à l'explosif. Une charge évaluée à 150 grammes avait été placée sur le pneu avant gauche d'une Peugeot 306 stationnée devant une villa, au lieu-dit "E Piane". La voiture a été très fortement endommagée. Elle appartenait à Jean-Louis Lloret, 24 ans, gardien de la paix au commissariat de Bastia, demeurant à Miomo. Même si l'attentat n'a pas été revendiqué, les gendarmes ont été dessaisis, dès hier, au profit de l'antenne bastiaise du SRP- d'Ajaccio, laquelle n'exclut aucune piste.

Dans la nuit du 19 au 20 juillet 1998 : Une charge de moyenne puissance endommageait les locaux de la Mutuelle générale de la police à Ajaccio

Dans la Nuit du 20 au 21 Juillet 1998 : Une charge de forte puissance détruisait le réfectoire des gardiens de la prison de Casabianda  (Haute-Corse).  Près de 20 kilos d'explosifs. Hier vers 3 h 50, une très forte déflagration a réveillé les habitants des résidences de Casabianda et de la région environnante : de nouveau visé par les plastiqueurs, le mess du centre de détention de Casabianda.C'est la troisième fois que cet établissement est détruit par une explosion. Après le premier attentat, il avait été changé de lieu et installé dans la "Salle Fratani", où l'hiver dernier, il avait de nouveau été pris pour cible. A peine terminé, il vient donc de subir le même sort. D'après les premiers éléments recueillis auprès des démineurs de Bastia, l'engin explosif était constitué de près de 20 kilos de dynamite couplés à des seaux d'engrais agricoles. Fort heureusement, cet attentat n'a pas fait de blessé, un appartement voisin n'étant pas occupé actuellement. En revanche, le mess est entièrement détruit et sa reconstruction sera difficile; des vitres alentour ont été également soufflées et des voitures abîmées. Dans la matinée, le préfet délégué à la sécurité s'est rendu sur les lieux pour se rendre compte de l'ampleur des dégâts. Sur place, aucune revendication n'a été trouvée par les gendarmes de la compagnie de Ghisonaccia, placés sous la conduite du major Guillorit, commandant en second. D'après certaines rumeurs, les services de gendarmerie de l'île étaient pourtant en alerte dans la nuit de lundi à mardi, mais ils ne pensaient sans doute pas que ce mess serait de nouveau visé. L'enquête a été confiée aux services de recherches de la police judiciaire de Bastia.

Dans la nuit du 20 au 21 juillet 1998 : La façade d'un cantonnement de CRS à Aspretto, près d'Ajaccio, a été mitraillée depuis une voiture en marche. Une douzaine d'impacts d'arme automatique avaient été relevés sur les murs de la façade du bâtiment. L'attentat contre le campement de CRS d'Aspretto s'est produit lundi soir peu avant 23H00. Des inconnus circulant à bord d'un véhicule ont ouvert le feu sur le bâtiment avant de prendre la fuite sans être inquiétés. De nombreux impacts de balles ont été retrouvés sur la façade de l'édifice qui avait déjà été visé à plusieurs reprises par le passé.

Le 20 Juillet 1998 : L'ex-député européen et conseiller municipal RPR d'Ajaccio François Musso a été interpellé ce matin, dans le cadre de l'enquête sur les prêts abusifs accordés par la caisse régionale du Crédit Agricole. Proche de Jacques Chirac, François Musso avait assuré pendant quelques semaines, en mars, la présidence de la caisse régionale du Crédit agricole de Corse. Selon le rapport de l'Inspection générale des Finances (IGF), cette personnalité du monde agricole corse avait bénéficié de prêts de la banque verte alors qu'il n'assumait plus les fonctions d'exploitant agricole.  Selon le rapport de l'IGF, plusieurs de ces prêts, d'un montant de 3 à 4 millions de francs, ne seraient pas justifiés :« Certains d'entre eux sont détournés de leur objet, les déclarations de François Musso sont incohérentes, il a bénéficié de consolidations irrégulières, l'apurement de sa dette est factice... ».  Selon l'IGF, les responsabilités de François Musso, député européen jusqu'en 1994, ancien chargé de mission à la ville de Paris ont conduit la mission à approfondir ses investigations. « La mission a pu dénouer une part des montages particulièrement complexes mis au point par l'intéressé », indique le rapport qui implique une quarantaine de personnalités dans l'île.  Pour l'IGF, des prêts pour l'acquisition d'un appartement ont été reversés à diverses sociétés immobilières, pour un montant d'1,4 million de francs. Un autre prêt de 2,3 millions aurait fini dans les caisses d'une entreprise de travaux publics, qui fut dirigée par l'ancien président RPR du conseil général de Haute-Corse.

Le 21 Juillet 1998 : Deux syndicats de personnels pénitentiaires, l'Union fédérale autonome pénitentiaire et Force ouvrière, ont protesté contre l'attentat à l'explosif qui a endommagé le centre pénitentiaire de Casabianda en Corse, dans la nuit de lundi à mardi. Pour FO, 'une fois encore, les auteurs de cet attentat ont voulu atteindre le ministère de la Justice et par là même défier l'autorité de l'Etat, et probablement intimider les personnels pénitentiaires corses et leurs familles', que ce syndicat affirme 'assurer de tout son soutien dans ce contexte troublé'. Le syndicat 'exige de madame la Ministre de la Justice qu'elle mette tout en oeuvre afin de préserver les biens et les personnels pénitentiaires de l'île'. De son côté, l'UFAP 'dénonce la difficulté pour les fonctionnaires de l'administration pénitentiaire d'exercer leur profession en Corse', avant de réitérer 'sa demande de mesures spécifiques en leur faveur'.

Le 21 Juillet 1998 : Arrestation de 8 personnes environ (dont Félix Salini) : Les huit personnes interpellées ce matin sont présentées comme étant des proches du militant nationaliste, M. Lorenzoni, incarcéré quelques jours après l'assassinat du préfet C. Erignac, pour une affaire incidente. Depuis six mois, les enquêteurs disent n'écarter aucune piste, mais ils frappent cependant toujours dans le même cercle ; ils ont la conviction que les commanditaires se trouvent dans le milieu nationaliste agricole. Cette obstination irrite de plus en plus certains nationalistes et notamment ceux du Collectif pour la nation, un mouvement crée notamment par M. Lorenzoni. Il y a quelques heures, les membres de ce collectif ont vivement réagi en posant de nombreuses questions sur le déroulement de cette enquête. Pour le collectif, le préfet Erignac a été victime, je cite, "de la raison d'État." )

Le Mercredi 22 Juillet 1998 -  - Sept des huit personnes interpellées mardi matin et présentées comme des proches du milieu nationaliste corse, étaient toujours en garde à vue mercredi dans les locaux du SRPJ d'Ajaccio. Une huitième personne a été remise en liberté mercredi matin. Ces interpellations menées par les policiers de la division nationale anti-terroristes (DNAT) sont intervenues en marge de l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, sur commission rogatoire d'un juge parisien de la section antiterroriste. Les personnes interpellées résident dans la région de Pietrosella (Corse-du-Sud) où une gendarmerie avait été la cible d'un attentat destructeur en septembre 1997. Le commando qui avait commis cet attentat, avait également dérobé l'arme d'un gendarme utilisée par le meurtrier du préfet Erignac, le 6 février à Ajaccio.

 

Le 22 Juilllet 1998 : François Musso, conseiller municipal RPR d'Ajaccio et dernier président de la caisse régionale du Crédit Agricole de Corse, a été mis en examen pour « abus de biens sociaux » et « détournement de fonds publics ». Il a été placé hier sous mandat de dépôt à la maison d'arrêt de Borgo (Haute-Corse).

Le 23 Juillet 1998 : Une cache d'explosifs contenant 375 kg de dynamite a été découverte mercredi dans la région de Tallone (Haute-Corse), sur la côte orientale de l'île. Les gendarmes ont trouvé dans une cave désaffectée quinze caisses contenant chacune 250 bâtons de dynamite. Cet explosif a été qualifié d'instable et de dangereux par les gendarmes en raison de sa fabrication remontant aux années 1970. Les explosifs saisis ont été détruits jeudi en fin de matinée. Un enquête a été ouverte pour tenter d'identifier les propriétaires de la cave désaffectée.

23 Juillet 1998  : jeudi : l'une des huit personnes interpellées mardi devrait être transférée à Paris. Les autres personnes ont été remises en liberté. Mercredi soir, une personne avait déjà été remise en liberté, six autres ont été relâchées jeudi après-midi. Une huitième est retenue en garde à vue dans les locaux de la PJ à Ajaccio, en attendant son transfert à Paris. Les interpellations de mardi matin, à Coti-Chiavari et Aqua Doria, sur la rive sud du Golfe d'Ajaccio ont été menées par la direction nationale anti-terroriste dans le cadre de l'enquête sur l'attentat qui a visé la gendarmerie de Pietrosella, sur la rive sud du Golfe d'Ajaccio, en septembre 1997. C'est lors de cet attentat qu'avait été dérobée l'arme de poing utilisée pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, le 6 février 1998 à Ajaccio

Le 24 Juillet 1998  : Félix Salini mis en examen et les 7 autres interpellés ont été libérés. Un restaurateur de la région d'Ajaccio, proche du milieu nationaliste corse, a été mis en examen à Paris pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste" et écroué vendredi par le juge d'instruction parisien Jean-François Ricard. Félix Salini avait été interpellé mardi par les policiers de la division nationale anti-terroriste (DNAT), en marge de l'enquête sur l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac. Mais il a été mis en examen dans le cadre d'une procédure incidente. (donc c'est pas lui....). Les enquêteurs l'ont en effet trouvé en possession de deux grenades, d'émetteurs-récepteurs, de cagoules et d'un drapeau du mouvement clandestin FLNC-Canal historique. Sept autres personnes interpellées et placées en garde à vue à l'issue de cette même opération de police ont toutes été remises en liberté sans qu'aucune charge ne soit retenue à leur encontre.

Le 28 Juillet 1998 : Interpellations de 4 hommes en plaine orientale et dans le Cap Corse sur commission rogatoire des juges anti-terroristes parisiens, dans le cadre de l'enquête sur le militant nationaliste Marcel Lorenzoni.

Le 28 Juillet 1998 :  Le FLNC « Canal historique » qui a revendiqué deux attentats et deux tentatives commis récemment en Corse et sur le continent, a lancé une mise en garde en annonçant « qu'il était facile de prévoir que les mois à venir seront lourds de conséquences, parfois dramatiques ». "Le temps est passé de tenter de ramener à la raison un gouvernement démuni de toute politique et uniquement préoccupé par ses querelles intestines", a insisté le FLNC "Canal-Historique", ajoutant: "ce n'est que par le rapport de force et sur tous les terrains que les Corses pourront impulser les changements nécessaires". Enfin, le FLNC Canal Historique fait état d'une tentative contre EDF-GDF à Nice qui n'a pas été signalée.

Le Mercredi 29 Juillet 1998 :  Quatre militants nationalistes corses, interpellés mardi en Haute-Corse en marge de l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac, étaient toujours en garde à vue mercredi à Bastia. Les enquêteurs de la division nationale anti-terroristes (DNAT) n'ont rien découvert au cours des perquisitions menées au domicile de ces personnes, dont deux sont des agriculteurs de la région de Ghisonaccia.

Le Jeudi 30 Juillet 1998 : Les quatre militants nationalistes interpellés mardi en Haute-Corse ont été remis en liberté jeudi matin, alors que d'autres nationalistes ont été interpellés en Haute-Corse. Après 48 heures de garde à vue au commissariat de Bastia, les quatre personnes proches des milieux nationalistes ont été remises en liberté, sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elles. La Direction nationale anti-terroriste les avait appréhendées dans le cadre d'une enquête sur leurs relations avec Marcel Lorenzoni, interpellé trois jours après l'assassinat du préfet Claude Erignac. L'implication de Marcel Lorenzoni, nationaliste de la première heure, dans ce meurtre n'a pas été prouvée mais il est incarcéré à la maison d'arrêt de Fresnes pour ``association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste''. Parallèlement, on précisait jeudi, également de source policière, que la Direction nationale anti-terroriste a interpellé quatre nouvelles personnes, sur commission rogatoire d'un juge parisien, dans le cadre de l'enquête consécutive à l'arrestation de Marcel Lorenzoni. Une personne a été arrêtée dans la région bastiaise, jeudi matin, alors que, mercredi, trois autres personnes ont été appréhendées sur la côte orientale (Haute-Corse) et placées en garde à vue au commissariat de Bastia. Leur garde à vue pourra durer 96 heures, conformément à la loi anti-terroriste. (voir ci dessous)

 

Le Jeudi 30 Juillet 1998 :  Trois personnes proches des milieux nationalistes ont été interpellées jeudi en Haute-Corse, en marge de l'enquête sur l'assassinat du préfet Erignac, tandis que quatre autres ont été relâchées du 28/07/98. Les trois personnes interpellées dans la plaine orientale et dans la région de Bastia par les enquêteurs de la division nationale anti-terroriste (DNAT) ont été placées en garde à vue. Parallèlement, quatre militants nationalistes corses, interpellés mardi du 28/07/98 en Haute-Corse, ont été relâchés jeudi. Les enquêteurs de la DNAT n'ont rien découvert au cours des perquisitions menées au domicile de ces personnes, dont deux sont des agriculteurs de la région de Ghisonaccia. Ces interpellations ont toutes visé des personnes proches du militant nationaliste Marcel Lorenzoni, écroué à Paris depuis près de six mois.

Le Vendredi 31 Juillet 1998 : Trois des nationalistes interpellés mercredi et jeudi en Haute-Corse par la Direction nationale anti-terroriste ont été remis en liberté vendredi après-midi. Aucune charge n'a été retenue contre elles. La Direction nationale anti-terroriste, qui agissait sur commission rogatoire d'un juge de la 14e section du parquet de Paris, enquêtait sur les relations de ces personnes avec le